Marée noire : vers une refonte de la sécurité offshore aux USA

Le 12 janvier 2011 par Sabine Casalonga
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Dans son rapport final publié mardi 11 janvier, la commission fédérale d'enquête sur la marée noire du golfe du Mexique préconise une réforme urgente des règles de sécurité de l'exploitation offshore, via la création d'une agence indépendante et l’augmentation des fonds publics et privés dédiés à la sécurité et à la protection de l’environnement.

 

« Des actions spécifiques doivent être prises par le Congrès, l’administration et l’industrie pour réduire la probabilité de survenue d’une tragédie similaire », a déclaré Bob Graham, co-président de la commission d’enquête dans son communiqué, faisant référence à la plus grave marée noire de l'histoire des Etats-Unis en avril dernier. L'explosion de la plate-forme Deepwater Horizon avait tué 11 personnes et entraîné le rejet en mer de 4,9 millions de barils de brut, dont les trois quarts auraient néanmoins été dispersés, naturellement dégradés ou récupérés [voir le JDLE]. Le pétrolier BP, à l’origine du drame, évalue la facture totale à 39,9 milliards de dollars (28,48 milliards d’euros). Mais le coût environnemental à long terme est encore loin d’être connu.

Les 7 experts, nommés en mai dernier par la Maison blanche, ont émis une série de recommandations fortes, en s’appuyant sur les conclusions de leur enquête concernant les causes de la catastrophe dans un rapport de plus de 300 pages. Dévoilé en avant-première par la presse, mercredi 5 janvier, le 4e chapitre mettait en lumière les responsabilités partagées de l’accident, accablant à la fois les acteurs privés comme BP, Halliburton et Transocean et les pouvoirs publics [voir le JDLE]. « En réalité, cette catastrophe peut être considérée comme la conséquence inévitable d’années d’autosatisfaction et de manque d’attention aux questions de sécurité de la part du gouvernement et des industriels», affirme William Reilly, co-président de la commission fédérale.

Leur première recommandation est la création d’une agence indépendante chargée de superviser la sécurité de l'exploitation offshore, totalement séparée de l’activité de délivrance des autorisations de forage. La concurrence entre ces deux missions au sein d’une seule agence a, de fait, été pointée comme l’une des causes des défaillances à l’origine de la marée noire du golfe du Mexique.

Néanmoins, l’idée d’un moratoire sur l’exploitation offshore des ressources fossiles est écartée par les auteurs du rapport.

Un renforcement des règles de sécurité et des approches d’évaluation des risques par les industriels est recommandé. Concernant la protection de l’environnement, le rapport suggère la création d’un bureau spécifique au sein du département Intérieur, ainsi que le renforcement du rôle de conseil de la National Oceanic and Atmospheric Administration (Noaa) pour la délivrance des autorisations.

Les industriels ne sont pas oubliés, puisque la commission fédérale les exhorte à adopter une culture de la sécurité, sur le modèle des industries du nucléaire, de l’aéronautique et chimique.

Concernant la gestion des accidents, une hausse des fonds destinés aux agences fédérales chargées de la surveillance des marées noires, l’élaboration et la publication de plans de réponse, le développement d’une expertise au sein de l’administration et la mise au point de procédés de sécurité sur les puits capables de bloquer la fuite d’hydrocarbures en cas d’explosion sont recommandés.

Le rapport propose par ailleurs d’accroître les pénalités financières envers les industriels en cas de marée noire pour garantir l’indemnisation complète des victimes. Dans le cas de la catastrophe de Deepwater Horizon, le rapport invite le Congrès à consacrer 80 % du montant des amendes pour infraction au Clean Water Act à la restauration à long terme du golfe du Mexique.

La commission d’enquête exhorte enfin les pays concernés à accroître les efforts de recherche et à mettre en place des normes internationales strictes pour l’activité pétro-gazière dans la région Arctique, considérée comme le prochain eldorado de l’exploitation offshore.

Tout en reconnaissant que son pays est aujourd’hui loin d’être un modèle, Bob Graham estime que, par la mise en œuvre des réformes proposées dans ce rapport, « les Etats-Unis doivent devenir le leader mondial en matière de sécurité ».

De son côté, la Grande-Bretagne a annoncé mardi 11 janvier un renforcement du contrôle des plates-formes pétrolières et gazières en mer du Nord, quelques jours après que des députés ont réclamé des mesures pour mieux prévenir les risques de marée noire.

 



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