Marée noire : deux commissions sinon rien

Le 28 septembre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les oreilles de bon nombre de responsables américains ont sifflé, lundi 27 septembre. Car les deux co-présidents de la Commission d’enquête présidentielle sur la marée noire se sont livrés, devant la presse, à un exercice de démolition des messages délivrés au début de la catastrophe par l’administration Obama.

 

L’ancien sénateur démocrate de Floride, Bob Graham, et l’ancien patron de l’US EPA, William Reilly, ont commencé par rappeler que les officiels avaient minoré d’un facteur 60 le tonnage de pétrole qui s’échappait du puits accidenté de BP. « C’est un peu comme le colonel Custer qui sous-estimait le nombre d’Indiens qu’il y avait de l’autre côté de la colline », raille Bob Graham.

 

L’amiral des garde-côtes, Thad Allen, a tenté d’expliquer que ce chiffre n’influait en rien sur la nature de la réponse à apporter à la marée noire car, dès le début, les autorités avaient considéré l’accident comme une catastrophe. « Le bon sens veut pourtant que ce soit le niveau de pollution qui détermine la quantité de systèmes de récupération à mettre en œuvre », a riposté William Reilly.

 

Autre point de discorde entre les deux présidents de la commission et le gouvernement : l’évaluation de la quantité d’hydrocarbures polluant toujours le golfe du Mexique. Le 5 août dernier, un rapport de la National Oceanic and Atmospheric Administration affirmait que le quart des hydrocarbures relâchés par le puits endommagé de BP s’étaient dissous ou évaporé, 16 % « naturellement dispersés », 8 % avaient été dispersés par des produits chimiques, 3 % récupérés par des navires spécialisés et 5 % brûlés. Et que 17 % de l’or noir avaient été pompés grâce à l’entonnoir installé par BP. On serait donc sans nouvelles de « seulement » 26 % des polluants. Un optimisme qui avait été très critiqué par de nombreux scientifiques.

 

« Tout cela crée un contexte favorable au scepticisme », résume Bob Graham.

 

S’il reste un responsable à ne pas s’avouer sceptique, c’est bien Ray Mabus. Chargé d’une mission sur la réhabilitation des côtes polluées par les hydrocarbures de BP, le secrétaire à la marine devait publier mardi son rapport. Selon des fuites, reprises par la presse américaine, l’ancien gouverneur du Mississipi devrait suggérer que le produit des sanctions financières qui seront infligées à BP (on parle de 15 milliards de dollars ! – 11,05 milliards d’euros) soit consacré au financement de la dépollution des plages et des bayous. Un programme de longue haleine, à n’en point douter.

 



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