Marée noire : c’est beaucoup plus grave qu’annoncé

Le 28 mai 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Plus de pétrole que prévu s’échappe du puits accidenté. Et les premières sanctions commencent à tomber.

Alors que Barack Obama s’apprêtait à inspecter, une seconde fois, les opérations de secours en Lousiane, BP se devait de diffuser une bonne nouvelle. C’est chose faite. Vendredi, le pétrogazier britannique a annoncé, jeudi, que sa tentative de colmatage du puits défectueux avait probablement réussi. Pour ce faire, les sauveteurs ont injecté d’importants volumes de boues spéciales directement dans le puits pour l’obstruer et bloquer ainsi tout écoulement d’hydrocarbures. Les experts ont indiqué vouloir observer l’évolution du puits, jusqu’à dimanche, avant de décider de le cimenter. Une précaution d’usage. Il s’agit, en effet, d’être certain que la pression exercée sur le bouchon ne le fasse pas sauter.

 Il fallait bien cela pour faire oublier le reste. A commencer par l’annonce faite par l’administration américaine d’une nouvelle estimation de l’ampleur de la marée noire. Selon l’Institut d'études géologique des États-Unis (USGS), entre 12.000 et 19.000 barils de pétrole s’échappent chaque jour du puits MC 252. Cette nouvelle estimation est très supérieure à celle fournie jusqu’alors par BP. Ces dernières semaines, le pétrogazier estimait le volume de la fuite à 5.000 barils par jour. Un chiffre régulièrement repris à son compte par l’administration américaine. Depuis le 20 avril, ce serait donc plus de 70.000 tonnes de brut qui se seraient échappées du sous-sol, soit environ 3,5 fois le volume déversé par l’Erika.

 Après avoir été accusé de laxisme, le gouvernement fédéral semble décidé à reprendre lamain. Jeudi , Elizabeth Birnbaum, la directrice du Minerals Management Service (MMS, l’institution accordant les permis de recherche de ressources naturelles, ndlr) a, fort opportunément, présenté sa démission. Sans l’accabler personnellement, le président américain a fustigé les pratiques de corruption régnant dans cette agence fédérale. « Le fait que les compagnies pétrolières aient pu obtenir tout ce qu’elles désiraient, sans le moindre contrôle ni la moindre régulation, est un vrai problème », a commenté Barack Obama.

 Le locataire de la Maison blanche a, par ailleurs, autorisé la construction d’un formidable rempart le long des côtes de la Louisiane. Imaginé par le gouverneur local, ce projet vise à construire une barrière de 2 mètres de haut sur 160 km de long pour bloquer l’avancée du pétrole vers les plages. Le corps des ingénieurs militaires devrait réaliser une petite moitié de l’ouvrage. A charge pour les autorités locales de faire le reste.

 Barack Obama a aussi suspendu pour un semestre toute autorisation de nouveaux forages d’exploration et de production au large des côtes de Virginie et de l’Alaska. Une mesure qui stoppe provisoirement une quarantaine d’opérations.

 

Mais le pire est à venir pour BP. Selon des calculs effectués par Bloomberg, le pétrogazier consacre un budget de 24 millions de dollars par jour à la lutte contre la marée noire, soit la moitié de son bénéfice quotidien. Et de l’argent, il lui en faudra. Vendredi, le montant total des dommages et intérêts déjà demandés à la compagnie britannique par des avocats américains s’élève à 6,2 milliards de dollars (5 milliards d’euros). Et ce n’est sans doute pas fini. D’autant que débute la saison des cyclones dans le Golfe du Mexique. Une saison qui devrait être la pire depuis 2005, a indiqué la NationalOceanic and Atmospheric Administration (NOAA, l’institution en charge de la météo et de la mer, ndlr). Cette année-là, les ouragans Katrina et Rita avaient dévasté plusieurs Etats du sud des Etats-Unis et détruit une partie de la Nouvelle-Orléans.

 



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