Marchés du carbone: les grandes manœuvres ont débuté

Le 29 septembre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Premier ministre du Québec, Philippe Couillard de Lespinay est à la manoeuvre.
Premier ministre du Québec, Philippe Couillard de Lespinay est à la manoeuvre.

C’est dans le courant du premier semestre 2015, au plus tard, que les gouvernements des pays parties à la convention de l’ONU sur les changements climatiques devront dévoiler leur programme de lutte anti-gaz à effet de serre. Il restera alors quelques semaines aux diplomates pour transformer cet inventaire à la Prévert en accord climatique universel.

Certes, les 120 chefs d’état et de gouvernement, réunis la semaine passée à New York pour le sommet climatique de l’ONU, n’ont pas abattu leurs cartes. Mais les grandes manœuvres ont déjà débuté. Notamment dans les régions dotées de marché de quotas d’émission.

Fusionner les marchés US du carbone...

Interviewé par Bloomberg, le Premier ministre québécois n’a pas caché ses ambitions. Philippe Couillard entend convaincre états fédérés américains et provinces canadiennes de rejoindre la Western Climate Initiative (WCI), le marché du carbone québéco-californien. Créée en 2007 par le gouverneur californien d’alors, un certain Arnold Schwarzenegger, la WCI devait initialement réguler les émissions industrielles d’une dizaine de régions américaines et canadiennes. Las, sous la pression d’élus conservateurs, seuls la Californie et le Québec ont franchi le Rubicon. Et pour gagner plus en efficacité, le second marché nord-américain du carbone cherche à grossir. Pourquoi pas en absorbant la Regional Greenhouse Gas Initiative. Initiée en 2003, la RGGI régule, elle, les rejets du secteur énergétique de 9 états du nord-est des états-Unis.

Philippe Couillard a entrepris ses voisins de l’Ontario (la province la plus industrialisées du Canada) et du Vermont. Le Vermont (partie à la RGGI) serait intéressé. Pas les autres, pour le moment.

Selon le recensement réalisé par l’association internationale des traders de carbone, une quarantaine de pays participent à des systèmes d’échange de quotas d’émission de GES (dont les 28 de l’Union européenne). Une douzaine d’autres y songent plus ou moins chaque matin.

... en attendant le marché chinois

Jugeant que les résultats de ses 7 marchés régionaux sont satisfaisants, la Chine annonce toujours leur fusion en un marché national pour 2016. Celui-ci pourrait réguler 40% des rejets carbonés chinois, soit environ 4 milliards de tonnes de CO2 par an (deux fois plus que l’ETS européen). La Corée du Sud espère griller la politesse à son puissant voisin, en ouvrant son marché dès l’an prochain. Ce qui n’empêche pas Yoon Seong-kyu, ministre coréen de l’environnement, de rêver d’une fusion des deux systèmes. A moins, bien sûr, que le Vietnam, qui prépare un marché pour ses centrales électriques, ses aciéries et ses incinérateurs de déchets, ne décide de les rejoindre.



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