Marché carbone: un léger mieux en Europe

Le 17 octobre 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Avec 37 MtCO2 émises en 2015,l a centrale polonaise de Belchatow reste l'installation émettant le plus de CO2 en Europe.
Avec 37 MtCO2 émises en 2015,l a centrale polonaise de Belchatow reste l'installation émettant le plus de CO2 en Europe.
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Les émissions des principaux secteurs de l’ETS européen ont légèrement diminué entre 2014 et 2015.

L’Agence européenne de l’environnement (AEE) a de quoi se réjouir. Si l’on en croit le dernier rapport de l’institution basée à Copenhague, le système communautaire d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre (ETS) donne enfin quelques signaux encourageants.

-24% en 10 ans

A commencer par une baisse des rejets de GES. Entre 2005 et 2015, les émissions couvertes par la directive Quotas ont chuté de 24%. C’est moins impressionnant pour les deux dernières années d’activité: les 11.000 installations participant à l’ETS ont globalement abattu de 0,7% leurs émissions entre 2014 et 2015. Aussi modeste soit-il, ce résultat est imputable aux secteurs de l’électricité (-0,9%), du ciment (-2%), de l’acier (-1,2%) et du papier (-1,2%).

Baisse du surplus

Parallèlement, le volume de quotas alloués a chuté de 17%, notamment pour la production d’électricité (-24,5%). Et les 28 se sont enfin accordés pour geler 300 millions de quotas. De quoi légèrement réduire le surplus structurel de quotas d’émission. Celui-ci est désormais évalué à 1,7 milliard de quotas, contre plus de 2 milliards en 2014.

Retour à la normale

Ces évolutions ont légèrement dopé le prix du quota. En moyenne, émettre une tonne de GES coûtait 7,6 euros en 2015, soit 29% de plus que l’année précédente. Qu’on se rassure, l’inflation n’est plus de mise. Depuis le mois de juillet 2016, le quota cote aux alentours de 5 €. Retour à la normale, donc.

Curieusement, les Etats n’utilisent toujours pas l’ETS pour arrondir leurs fins de mois. Introduite en 2012, la mise en enchères des quotas nationaux rapporte peu aux ministères des finances. En Allemagne, la vente de permis d’émission a rapporté 2,7 milliards d’euros entre 2012 et 2015, contre 900 M€ pour la France.

Le secteur de l’aviation est, en partie, soumis à l’ETS. L’an passé, les vols intracommunautaires ont émis 57 millions de tonnes de CO2: 4% de plus en un an. Les principaux émetteurs sont Ryanair (7,4 Mt, +11,5%), Easyjet (4,7 Mt, +6,2%), Lufthansa (3,8 Mt, -3,3%), British Airways (2,6 Mt, +2,4%) et Air France (2,4 Mt, stable).

Quelles perspectives pour l’ETS? D’abord, une baisse régulière des émissions. Selon l’AEE, le tonnage de GES devrait baisser de 12% entre 2015 et 2030. Ce qui n’est pas suffisant. Le paquet Energie Climat 2030 (en cours de négociation) impose aux sites couverts par l’ETS de faire baisser de 43% leurs rejets entre 2005 et 2030.

Rythme trop lent

Dès 2021, l’industrie lourde européenne devra faire baisser ses émissions de plus de 2% par an: un rythme trois fois plus rapide que celui observé entre 2014 et 2015. Ce rythme pourrait être sans doute accru en augmentant le prix du quota. Mais comment créer de la rareté de permis quand les émissions sont appelées, elles aussi, à fortement diminuer? Une véritable quadrature du cercle.

 



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