Manger moins de poissons bioaccumulateurs effondre le mercure

Le 22 novembre 2013 par Marine Jobert
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La lotte stocke le mercure.
La lotte stocke le mercure.
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Non, les recommandations sanitaires pour détourner les femmes en âge de procréer des étals des poissonniers ne font pas s’effondrer la filière piscicole. En revanche, il semblerait que ces mises en garde sur la présence élevée de mercure dans la chair des poissons aient eu pour effet de faire chuter drastiquement les concentrations de ce puissant neurotoxique dans le sang de la gente féminine. C’est ce qu’a constaté l’agence américaine de protection de l’environnement (EPA), après avoir comparé des échantillons sanguins de femmes entre 16 et 49 ans, les premiers prélevés en 1999-2000 et les seconds 10 ans plus tard. En 10 ans, les niveaux de mercure ont baissé de 34%.

Le poisson, c’est bon

Entre ces deux dates, les autorités sanitaires américaines ont émis une série de recommandations, enjoignant les femmes de moins de 50 ans de délaisser certaines espèces de poissons lourdement chargés en métaux et autres toxiques, au profit d’espèces moins bioaccumulatrices. «Nous les avons toujours encouragées à manger du poisson, car c’est bon pour la santé», explique Betsy Southerland, la directrice du département Science et Technologie de l’agence de l’eau de l’EPA.

Autant de poissons, moins variés

L’EPA, tout en constatant qu’elles n’en ont pas rabattu sur la quantité de poissons ingurgitée, n’est pas en mesure de dire pour quelles espèces ces femmes ont opté. Mais l’agence n’a noté aucune décrue dans la charge toxique des poissons et en conclut que les recommandations édictées ont porté leurs fruits. «Cela signifie qu’elles mangent des poissons contenant moins de mercure», en conclut Betsy Southerland.

Pas de prédation pour les prédateurs

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) n’a pas publié d’étude similaire sur le sujet. Mais elle a récemment publié des recommandations assez strictes en direction des publics sensibles. Les fillettes et les adolescentes, les femmes en âge de procréer, les femmes enceintes et allaitantes et les enfants de moins de trois ans (ainsi que les personnes âgées ou immunodéprimées) sont priés de se tenir à distance des poissons et fruits de mer crus ou insuffisamment cuits, ainsi que des produits de la mer les plus fréquemment contaminés par la listériose. Les poissons prédateurs sauvages (lotte, baudroie), loup (bar), bonite, anguille, empereur, grenadier, flétan, brochet, dorade, raie, sabre, thon...) doivent être consommés avec modération, préconisait l’Anses. Et à titre de précaution, l’agence les enjoignait à éviter espadon, marlin, siki, requin et lamproie en raison du risque lié au méthylmercure. 

 

 

 



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