Malgré les tirs, le loup continue de progresser

Le 09 juin 2020 par Romain Loury
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Des loups solitaires observés jusqu'en Normandie
Des loups solitaires observés jusqu'en Normandie
©Oncfs

La population de loups continue d’augmenter en France, malgré une régulation croissante. A la sortie de l’hiver, l’Office français de la biodiversité (OFB) estime les effectifs à 580 individus : 10% de plus qu’en 2019.

Confronté à la colère des éleveurs, mais tenu de respecter le statut protégé du loup, le gouvernement avait opté en 2019 pour une hausse du plafond annuel de tirs, en permettant d’abattre jusqu’à 19% de la population française de loups –contre 12% jusqu’alors.

Ce calcul s’appuyait sur une expertise publiée en mars 2017 par l’ONCFS et le MNHN[i], selon lequel le taux annuel de croissance de la population s’élèverait entre 5% et 25%, en moyenne de 12%. En relevant le taux de prélèvements à 19%, le risque était donc grand de voir la population lupine décroître.

Que nenni: après des effectifs estimés à 530 individus en fin d’hiver 2019, l’OFB évoque désormais le chiffre de 580 individus en 2020, soit une croissance annuelle d’environ 10%. Ce qui confirme une bonne santé de la population, qui ne cesse d’augmenter malgré une pression croissante de tir.

Une dynamique qui faiblit

Toutefois, «la dynamique de progression de la population ralentit», observe l’OFB, interrogée par l’Agence France-Presse (AGP), avec «un taux de survie qui baisse». La population n’a en effet augmenté que de 50 individus, contre 100 en 2019 lorsqu’elle avait passé le seuil fatidique de 500 loups (croissance d’environ +16%).

«Les loups ont une forte dynamique de reproduction, mais s’ils n’étaient pas liquidés, l’augmentation serait beaucoup plus importante», estime le président de l’association FERUS (membre du collectif CAP Loup), Jean-François Darmstaedter, contacté par le JDLE. «C’est une progression assez limitée, mais qui résiste aux tirs, au braconnage et aux collisions routières», ajoute-t-il.

A ce jour, les seules meutes constituées sont observées dans les Alpes et le Jura, mais des individus isolés ont récemment été observés en Seine-Maritime et dans l’Indre. «Le loup est un grand voyageur, qui cherche des territoires pour s’installer», rappelle Jean-François Darmstaedter. Loin des meutes, ces loups isolés sont pour la plupart de jeunes mâles qui en ont été chassés, partis en exploration.

En 2019, 98 loups ont été abattus, dont 4 illégalement, pour un plafond fixé à 100 individus. En 2020, le plafond est actuellement fixé à 90 individus, mais il pourra être rehaussé dans l’année. A ce jour, 17 morts connues de loups ont été observées, dont 12 abattus légalement, un braconné (par piégeage, et décompté), et 4 loups morts sans preuve de braconnage (non décomptés), selon le comptage de CAP Loup.



[i] ONCFS: Office national de la chasse et de la faune sauvage, désormais intégré à l’Office français de la biodiversité (OFB). MNHN: Muséum national d’histoire naturelle.