Maladies professionnelles: le cas des travailleurs indépendants

Le 21 novembre 2006 par Bérangère Lepetit
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auscultation
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Une enquête lancée en septembre 2005 vise à retrouver les retraités non-salariés exposés à l'amiante au cours de leur vie professionnelle. Les premiers résultats ont été publiés cette semaine.

Près de 25% des hommes retraités ont été exposés à l'amiante au cours de leur vie professionnelle, selon les chiffres de l'Institut de veille sanitaire (InVS) de 1998. La plupart des maladies professionnelles surviennent après le départ en retraite, alors que les personnes concernées ne sont plus prises en charge par la médecine du travail. Dans le cas de l'amiante, la pathologie peut se déclarer 30 ans après l'exposition. D'où la nécessité de retrouver les travailleurs exposés à des substances cancérogènes au cours de leur vie professionnelle.

Depuis 1995, un dispositif réglementaire (1) -encore méconnu et donc peu appliqué- a été instauré en France pour opérer un suivi médical des anciens travailleurs salariés. Mais quid des non-salariés, travailleurs indépendants et artisans? Les maladies d'origines professionnelles sont mal connues dans le Régime social des indépendants (RSI). «Parmi les métiers les plus exposés, comme les professions du bâtiment, les électriciens ou les métiers de la mécanique, les artisans sont très nombreux et ne bénéficient pas de ce suivi», explique Patrick Rolland, chercheur à l'Institut de santé publique, d'épidémiologie et de développement de Bordeaux (Gironde) et l'un des auteurs du programme Espri (Epidémiologie et surveillance des professions indépendantes). Or, les experts estiment que la proportion des artisans retraités exposés à la fibre de l'amiante devrait être similaire aux salariés retraités, environ 25%.

Partant de ce constat, une étude pilote a démarré en septembre 2005, mise en place par l'InVS et la Caisse nationale d'assurance maladie des professions indépendantes (Canam) dans les régions Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes. Objectif? Partir à la recherche des artisans retraités exposés à l'amiante au cours de leur vie professionnelle, à l'aide d'un auto-questionnaire envoyé aux personnes susceptibles d'être concernées.

«D'après les premiers résultats, près de 70% des personnes visées ont répondu à l'enquête, ce qui prouve bien que ces populations étaient en attente», souligne Patrick Rolland. Des résultats éloquents : un bilan médical complet a été proposé à 75% des personnes qui avaient répondu, 39% l'ont initié. 20% des personnes ayant effectué le bilan médical ont effectivement développé une pathologie liée à l'amiante, bénigne ou maligne: fibrose pulmonaire, fibrose pleurale, cancer broncho-pulmonaire, cancer du mésothéliome. Lorsque l'on tient compte de la probabilité d'exposition à l'amiante de chacun des artisans, environ un artisan retraité sur deux aurait été exposé à l'amiante au moins une fois au cours de sa carrière professionnelle.

Les résultats semi-définitifs de l'étude devraient être connus au printemps 2007. L'extension du dispositif au niveau national et à d'autres cancérogènes professionnels comme les poussières de bois seront alors envisagés.



(1) Arrêté du 28 février 1995 pris en application de l'article D 461-25 du code de la Sécurité Sociale. Journal officiel n°69 du 22 mars 1995




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