Maladies professionnelles: en finir avec le cancer de la vessie

Le 06 décembre 2006 par Bérangère Lepetit
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Cinquième cancer chez l'homme et deuxième cancer d'origine professionnelle après le poumon, le cancer de la vessie nécessite une prise en charge précoce.

Deuxième cause de cancer d'origine professionnelle dans les pays occidentaux après le cancer du poumon, le cancer de la vessie peut être traité efficacement s'il est dépisté assez tôt. Dans une étude consacrée à l'estimation du nombre de cas de certains cancers attribuables à des facteurs professionnels en France, Ellen Imbernon, responsable du département santé-travail à l'Institut de veille sanitaire (InVS) arrive à une évaluation de 625 à 1.110 cas par an de cancers de la vessie attribuables à des expositions professionnelles.



Les chiffres sont stables depuis des années, mais ne sont pas anodins. Et les expositions professionnelles constituent le second facteur de risque du cancer de la vessie après la consommation de cigarettes. Comme pour la plupart des autres pathologies cancéreuses, il existe un temps de latence d'au moins 10 ans entre l'exposition et l'apparition de la maladie, vers 65 ans en moyenne. «Le cancer de la vessie est rapidement cataloguée car la majorité des cas sont imputés au tabac. Mais dans le cadre professionnel, les expositions aux substances cancérogènes revêtent une extrême complexité sur le plan chimique», souligne Françoise Conso, professeur émérite de l'université Paris V et spécialiste des maladies professionnelles. D'où la nécessité de retracer précisément le parcours professionnel du malade pour développer la prévention et faire reconnaître la pathologie comme maladie professionnelle si le cas est avéré.



De multiples secteurs professionnels sont concernés: de la sidérurgie à la cosmétique, en passant par les industries textiles et le BTP. «Les cancers de la vessie ont été décrits pour la première fois à la fin du XIXe siècle dans l'industrie des colorants. C'est aussi parmi les colorants que les produits les plus cancérogènes ont été initialement observés», précise Françoise Conso. Pour un certain nombre de produits, il existe un consensus quant à leur cancérogénicité, c'est le cas en particulier pour un certain nombre d'amines aromatiques, ou hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) comme la benzidine, la Moca (1) ou la MDA (2).



Trois amines aromatiques (3) ainsi que le 4-nitrodiphényle sont interdits à la production et à l'utilisation depuis 1989 (4) mais la Moca, par exemple, est encore utilisée aujourd'hui dans l'industrie française par des usines qui refusent d'opter pour des produits de substitution. Et des substances émergentes seraient également susceptibles d'être cancérogènes. «Un certain nombre d'expositions peuvent encore être évitées à l'heure actuelle et il est impératif d'améliorer la prévention», insiste Françoise Conso.



D'où cet intitulé, optimiste et volontariste, choisi par l'INRS pour désigner le colloque qui se tiendra sur le sujet en mars 2007, rassemblant médecins du travail, scientifiques et urologues: «Pour en finir avec les cancers de la vessie dans le milieu professionnel (5)».



(1) 4, 4-méthylène-bis-o-chloroaniline

(2) 4, 4'-méthylènedianiline

(3) la benzidine,  la naphtylamine ou l'aminobiphényle

(4) directive européenne 89/677/CEE du Conseil, du 21 décembre 1989 concernant le rapprochement des dispositions législatives, réglementaires et administratives des états Etats membres relatives à la limitation de la mise sur le marche marché et de l'emploi de certaines substances et préparations dangereuses

(5) le 15 et le 16 mars 2007 à Paris,  Renseignements et inscriptions  :
journeescancervessie@inrs.fr,  01 40 44 30 00






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