Maladies chroniques: l’OMS sonne l’alarme

Le 21 janvier 2015 par Romain Loury
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La Chine, autre géant de l'obésité
La Chine, autre géant de l'obésité
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En 2012, 16 millions de personnes sont mortes prématurément dans le monde des suites d’une maladie non transmissible, telle qu’un cancer, un diabète ou une maladie cardiovasculaire, rapporte l’Organisation mondiale de la santé dans un rapport publié lundi 19 janvier. Par ailleurs, seuls 60 pays dans le monde disposent de plans d’action contre une mauvaise alimentation.

Figurant dans le plan 2013-2020 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur les maladies non transmissibles, l’objectif peut sembler ambitieux, voire irréaliste: d’ici 2025, il s’agit d’obtenir une baisse de 25% de la mortalité liée à un cancer, à un diabète, à une maladie cardiovasculaire ou respiratoire. Pour cela, l’OMS espère, entre autres, faire reculer le tabagisme de 30%, la consommation de sel de 30%, et mettre fin à l’épidémie d’obésité et de diabète.

La tâche semble d’autant plus difficile que la tendance mondiale est plutôt à la dégradation. Notamment dans les pays en développement, où l’obésité est désormais très ancrée chez les plus avancés, et progresse fortement chez les plus pauvres. Dans les pays industrialisés, l’obésité semble enfin se stabiliser, voire diminuer dans certains cas, tandis que le tabagisme a nettement reculé ces trois dernières décennies.

Parmi les bonnes initiatives, l’OMS cite notamment la Hongrie, qui a mis en place en 2013 une taxe sur les aliments contenant du sucre, du sel ou de la caféine. «Aujourd’hui, 40% des fabricants ont modifié la formule de leurs produits afin de réduire la quantité d’ingrédients taxables, les ventes ont baissé de 27% et la consommation de ces produits a diminué de 25% à 35%», constate l’OMS.

Si elles surpassent désormais les maladies infectieuses dans un nombre croissant de pays du Sud, les maladies chroniques sont bien peu prises en compte. D’après l’OMS, seuls 70 pays disposent d’au moins un plan national de lutte contre les maladies non transmissibles, 60 d’un plan de lutte contre la mauvaise alimentation, et 69 d’un plan anti-tabac.

Pour l’OMS, «si rien ne change dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, les pertes économiques cumulées dues [à ces maladies] s’élèveront à 7.000 milliards de dollars [6.050 milliards d’euros] pour la période 2011-2025». A l’inverse, 1,2 Md$ (1 Md€) par an suffirait pour inverser la tendance, estime-t-elle.



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