Maladie de Lyme, une menace croissante

Le 20 février 2015 par Romain Loury
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Aussi mignons qu'attachants
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Liée à la bactérie Borrelia burgdorferi transmise par des tiques, la borréliose de Lyme pourrait faire de plus en plus de victimes à l’avenir, suggère une étude américaine publiée dans les Philosophical Transactions of the Royal Society B. En cause, le réchauffement climatique et la reforestation, qui favorisent l’insecte vecteur.

Décrite dans la ville américaine de Lyme (Connecticut) en 1977, cette maladie, qui se transmet par piqûre de tiques du genre Ixodes, se développe en trois phases. Primo par une inflammation de la peau, deuxio par des lésions cutanées et des troubles articulaires, neurologiques et ophtalmiques, tertio par une aggravation de l’ensemble de ces symptômes, avec des atteintes cardiaques parfois mortelles.

Or du fait du réchauffement climatique, mais aussi de la reforestation qui favorise les tiques et les nombreux animaux réservoirs, la maladie serait en hausse ces dernières années, au point d’être devenue la maladie vectorielle la plus fréquente dans l’hémisphère nord. Et cela n’est pas près de s’arrêter, comme le révèle l’étude publiée par l’équipe de Richard Ostfeld, du Cary Institute of Ecosystem Studies de New York.

Sous un climat plus chaud, les chercheurs prévoient que les larves et les nymphes (stade juvénile) de la tique, les plus souvent impliquées dans la maladie, pourraient en moyenne émerger deux semaines plus tôt au printemps d’ici 2050. Pour l’instant, il est difficile de prévoir quel sera l’impact sur l’homme, mais ce sera probablement celui d’une expansion de la maladie.

300.000 cas annuels aux Etats-Unis

Aux Etats-Unis, le nombre de cas confirmés aux Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) est déjà passé de 11.700 en 1995 à près de 30.000 en 2009, dont 95% au nord-est du pays. Mais il ne s’agit là que des cas dont les autorités ont eu vent: dans les faits, la maladie pourrait causer jusqu’à 300.000 cas par an, reconnaissent les CDC.

Avec 27.000 cas annuels estimés en France, la maladie semble pour l’instant d’«évolution stable», considère le Haut conseil de la santé publique (HCSP) dans un rapport publié début décembre. Plus présente dans les régions boisées et humides, l’incidence annuelle de la borréliose va de 3 cas pour 100.000 habitants en Provence-Alpes-Côte d’Azur jusqu’à 178 cas pour 100.000 habitants en Alsace, et même 235 cas pour 100.000 habitants dans le Limousin.

Au sein de l’Europe, la France est considérée comme un pays de prévalence intermédiaire. Les zones les plus touchées sont la côte de la Baltique en Suède, la Slovénie et la région du Brandebourg en Allemagne, rappelle le HCSP. En France comme dans d’autres pays, il est toutefois difficile d’analyser les tendances temporelles, tant la maladie pâtit probablement d’un problème de sous-diagnostic -et il ne s’agit pas d’une maladie à déclaration obligatoire.

Une proposition de loi à l’Assemblée

Conséquence: la prise en charge de cette maladie, qui se traite par antibiotiques, demeure très insuffisante. Le sujet est actuellement à l’étude à l’Assemblée nationale, où les députés UMP Marcel Bonnot (Doubs) et François Vannson (Vosges) ont déposé une proposition de loi appelant le gouvernement à prendre le sujet à bras le corps.

Selon eux, il s’agit de mettre en place un plan national contre la maladie de Lyme, sur le même modèle que ceux en vigueur contre le cancer et la maladie d’Alzheimer. Objectif: améliorer la prévention, le dépistage, l’information du public et des professionnels de santé, et stimuler la recherche.

Lors de la discussion en séance publique qui a eu lieu début le 5 février, la proposition de loi a fait l’objet d’un renvoi en commission des affaires sociales, ce qui laisse peu d’espoir de voir le sujet évoluer rapidement.



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