Maladie de la langue bleue: faible risque pour la France continentale

Le 09 octobre 2013 par Romain Loury
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Moucheron culicoïde, porteur de la fièvre catarrhale ovine.
Moucheron culicoïde, porteur de la fièvre catarrhale ovine.
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Le risque d’extension de la fièvre catarrhale ovine (FCO) de la Corse à la France continentale est «faible», du moins si les mesures adéquates sont mises en place, juge l’Anses dans un avis publié le 4 octobre.

Surnommée «maladie de la langue bleue», la FCO, qui touche les ruminants et épargne l’homme, semblait avoir bien marqué le pas en France. Du moins sur sa partie continentale, déclarée «officiellement indemne» en décembre 2012: des doutes subsistaient quant à la Corse, considérée comme zone d’endozootie pour 5 sérotypes, bien qu’aucun foyer confirmé n’y ait été observé depuis 2006.

Pourtant, ce n’est pas l’endozootie qui semble en cause derrière les foyers apparus début septembre dans le sud de l’île -au nombre de 24 foyers au 13 septembre, selon le dernier bilan détaillé. L’origine semble plutôt en être une réintroduction d’un Bluetongue Virus de sérotype 1 (BTV-1) de Sardaigne, où plusieurs sérotypes continuent à circuler de manière très active.

En 2012, 14.826 cas cliniques et 9.238 décès, dus à BTV-1 et BTV-4, auraient été recensés dans cette île italienne, située à environ 10 kilomètres de la Corse, rappelle l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Selon l’agence, difficile de savoir si ces foyers corses sont le fait d’un transport d’animaux infectés ou du déplacement éolien des vecteurs, les moucherons culicoïdes.

Le risque de contagion à la France continentale semble en revanche «faible», du moins tant que les mesures sanitaires adéquates seront adoptées, telles qu’arrêt du transport d’espèces sensibles (bovins, ovins, caprins) de la Corse vers le continent, vaccination collective obligatoire des espèces sensibles dans l’île.

Dans son avis, l’Anses se dit favorable à une vaccination «périfocale [autour des foyers] dans un premier temps, et étendue à l’ensemble de l’île en fonction de l’évolution de la situation épidémiologique et de l’objectif choisi par le décideur». A l’issue d’une réunion organisée le 17 septembre, le ministère de l’agriculture a opté pour une vaccination d’emblée obligatoire pour toute l’île.

Surveillance dans les zones proches de la Corse

Quant au transport de culicoïdes par le vent, il semble «peu probable», vu les 180 km qui séparent la Corse du continent. Sur conseil de l’Anses, le ministère a tout de même mis en place une surveillance dans les zones les plus proches de la Corse.

Si, pour les troupeaux infectés, l’Anses n’a pas retenu l’option de l’abattage, total ou seulement des animaux malades, c’est parce qu’«il est vraisemblable que l’infection se soit déjà assez largement propagée sur l’île, d’où un intérêt très limité de l’abattage des malades».

[1] Une endozootie est une maladie animale qui sévit dans une région.



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