Maladie d’Alzheimer: n’oublions pas le DDT

Le 29 janvier 2014 par Romain Loury
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Un lien avec le DDT vient d'être mis à jour
Un lien avec le DDT vient d'être mis à jour

L’insecticide DDT pourrait favoriser la survenue de la maladie d’Alzheimer, révèle une étude américaine publiée dans le Journal of the American Medical Association (Jama) Neurology.

Selon la fondation Plan Alzheimer, la France comptait en 2010 aux alentours de 800.000 personnes atteintes de cette maladie, soit 1,2% de la population. Avec le vieillissement, ce nombre pourrait être multiplié par 2,4 d’ici 2050, avec 3% de la population française, prévoit-elle.

Or la maladie est loin d’avoir livré tous ses secrets, notamment quant à ses causes, que l’on sait aussi bien génétiques, comportementales qu’environnementales. De ce côté-ci, plusieurs polluants sont suspectés, tels les métaux lourds, les solvants et les pesticides. Notamment le DDT, comme le suggère fortement l’étude publiée par Jason Richardson, de la Rutgers University à Piscataway (New Jersey), et ses collègues.

Dans leur étude menée sur 86 personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, les chercheurs montrent que celles-ci présentent dans leur sang un niveau de DDE (métabolite du DDT) 3,8 fois plus élevé que celui mesuré chez les 79 contrôles.

A l’inverse, le tiers des personnes les plus imprégnées de DDE ont 4,18 fois plus de risque d’avoir développé la maladie. L’équipe montre aussi qu’un taux élevé de DDE est lié à des symptômes plus sévères.

Si ce genre d’étude épidémiologique ne permet en général pas de conclure à un lien de cause à effet, les résultats d’une autre expérience figurant dans l’article, menée sur des neurones en culture, vont dans ce sens: en présence de DDE, ces cellules nerveuses se mettaient à produire 50% plus de protéine précurseur de l’amyloïde (APP), à l’origine des plaques cérébrales caractéristiques de la maladie.

Autre découverte, les personnes portant au moins une copie dite «epsilon4» du gène APOE, qui prédispose génétiquement à la maladie, sont encore plus à risque de développer la maladie en présence du DDT. «Identifier les gens ayant des niveaux élevés de DDE et portant un allèle epsilon4 du gène APOE pourrait permettre de dépister la maladie plus tôt», prévoient les chercheurs.

Quel que soit son niveau, le DDT était détecté chez environ 75% des participants de l’étude. Pas mal pour un insecticide proscrit depuis 1972 aux Etats-Unis! Interdit au niveau mondial par la convention de Stockholm, ratifiée en 2001, le DDT persiste dans notre environnement, où il continue à contaminer la chaîne alimentaire. Sans oublier qu’il est encore utilisé dans plusieurs pays en développement, qui y recourent dans leur lutte contre le paludisme.



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