Maîtriser les épandages d’engrais pour améliorer la qualité de l’air

Le 22 décembre 2014 par Stéphanie Senet
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La réduction de l'ammoniac issu des épandages agit directement sur la concentration des particules
La réduction de l'ammoniac issu des épandages agit directement sur la concentration des particules

Dans une étude publiée en décembre dans Environmental Science & Policy, des chercheurs européens montrent qu’une diminution importante des émissions d’ammoniac ont un effet significatif sur la baisse des émissions de particules dans l’Union européenne.

 

Emises de façon primaire par le trafic routier, l’agriculture ou l’industrie, les particules sont générées par un autre phénomène: la réaction entre les oxydes d’azote et l’ammoniac présents dans l’atmosphère. «Les nitrates d’ammonium qui en résultent constituent des particules dont le diamètre est le plus souvent inférieur à 2,5 micromètres (PM2,5)», explique au JDLE Bertrand Bessagnet, en charge de l’unité de modélisation atmosphérique et de cartographie environnementale à l’Ineris[1] et coordinateur de l’étude.

Les scientifiques de l’Ineris, d’instituts de recherche norvégiens, néerlandais, et de l’Agence européenne de l’environnement (AEE) se sont donc intéressés à l’impact de la réduction de l’ammoniac (NH3) dans l’air sur les émissions de particules.

Conclusion essentielle: cette baisse réduit sensiblement la production de particules. Il faut préciser que les émissions d’ammoniac sont pour la première fois visées par le nouveau protocole de Göteborg, qui prévoit de les réduire de 6% entre 2009 et 2020. La ratification de ce protocole par l’Union européenne était au programme de la révision de la directive NEC sur les plafonds nationaux d’émission. Cette discussion est donc reportée en raison de l’abandon par la Commission Juncker du paquet sur la qualité de l’air en 2015.

 

De meilleurs résultats avec une forte réduction de l’ammoniac

«Réduire de seulement 6% les émissions d’ammoniac entre 2009 et 2020 permet de diviser d’environ 20% le nombre de stations européennes connaissant un dépassement du seuil de particules PM10 [2] », relève Bertrand Bessagnet. Alors que l’UE a enregistré 612 dépassements de seuil journaliers dans les stations européennes en 2009, ce nombre serait ramené à 481 selon le modèle de prévision Chimère développé par l’Ineris et le CNRS.

 

Agir sur les épandages agricoles

Si la réduction de l’ammoniac offre un bon levier d’action pour améliorer la qualité de l’air dans l’Union européenne, sa mise en œuvre doit viser les émissions agricoles, responsables à 80% des émissions de NH3. «Ces émissions sont particulièrement fortes au printemps, au moment des épandages d’engrais, alors que la température extérieure est comprise entre 15 et 20°C», précise Bertrand Bessagnet. Réduire ces épandages, en complément des émissions d’oxydes d’azote issues du trafic routier, constitue donc le scénario incontournable d’un air européen moins chargé en particules.



[1] Institut national de l’environnement industriel et des risques

[2] Il s’agit des jours où le seuil de 50 µg/m3 a été dépassé en moyenne journalière

 



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