Maîtriser les émissions malgré l’arrêt du nucléaire

Le 13 octobre 2011 par Gwénaëlle Deboutte
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La construction de nouvelles centrales aux énergies fossiles fait craindre une hausse des émissions de gaz à effet de serre, surtout à court terme. Mais l’Allemagne l’a promis: pas question de dévier de son objectif de réduction de 40% d’ici 2020. Quitte à recourir au stockage du CO2 ou au marché des certificats d’émission.

L’Allemagne s’est fixée pour 2020 des objectifs très ambitieux de réduction des émissions de CO2: moins 40% par rapport au niveau de 1990. Et, même avec l’arrêt du nucléaire, pas question de changer de cap. Pourtant, c’était l’une des raisons de l’allongement de la vie des centrales nucléaire que prévoyait Angela Merkel fin 2010, mais qui est tombé à l’eau suite à l’accident de Fukushima. Prolonger les centrales au-delà de 2040 visait à maîtriser les émissions de CO2 et les prix de l’électricité pour les consommateurs. Il faudra donc faire autrement.
 
Les nouvelles centrales fossiles tout d’abord devront participer à cet effort. Selon Vattenfall, qui a comparé les émissions de deux générations de ses centrales au charbon, une baisse de 31% des émissions (11,9 kilotonnes par an contre 16,28 kt/an) a été enregistrée. Par ailleurs, les centrales au gaz et à cogénération, qui ont un bilan CO2 plus avantageux que celles au charbon, seront privilégiées.
 
Pourtant, dans un court avenir –deux à trois ans–, l’Institut de recherche sur le climat de Potsdam (PIK), qui a mené une étude sur les différents scénarios de sortie du nucléaire, prévoit une légère hausse des émissions de CO2. A plus longue échéance, la baisse sera certaine.
 
Face à ce risque d’augmentation, le gouvernement allemand comptait sur le développement de la technologie de capture et de stockage du CO2 (CCS) pour maîtriser ses émissions et remplir les objectifs de 2020. Mais la mauvaise nouvelle est tombée le 23 septembre: le Bundesrat (le sénat allemand) a rejeté la loi portant sur les démonstrations et l’utilisation des technologies CCS. La raison: une clause prévoyait le refus catégorique d’un Land, ce qui risquait de défavoriser les autres Länder. Le gouvernement entend tout de même faire appel et poursuivre les négociations.
 
A défaut, il restera une dernière option: l’achat de certificats d’émissions de CO2. Le ministre de l’environnement Norbert Röttgen a d’ores et déjà admis qu’il s’agissait d’une option envisagée. Mais qui risque d’alourdir encore davantage la facture du changement énergétique, laquelle promet d’être salée pour le consommateur allemand.
Gwénaëlle Deboutte
 
Prochain épisode: le véritable coût de la sortie du nucléaire


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