Maîtrise des risques : un bilan 2009 «satisfaisant» pour le CEA

Le 15 juin 2010 par Sabine Casalonga
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Pour la 7e année consécutive, le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) a présenté mardi 15 juin ses résultats en matière de maîtrise des risques. Le bilan pour 2009 est jugé « assez bon ». Toutefois, suite à l’incident de niveau 2 survenu à Cadarache, le CEA entend rester vigilant et a mis en place de nouvelles mesures.

En 2009, le CEA a déclaré 122 événements aux autorités de sûreté nucléaire (1), dont 103 de niveau 0 sur l’échelle de l’Ines, 18 de niveau 1 et un de niveau 2 (contre 121 en 2008). Aucun n’a toutefois eu de conséquences sur le personnel, le public ou l’environnement.

 

L’incident classé au niveau 2 par l’ASN est survenu en juin 2009 dans l’atelier de technologie du plutonium de Cadarache dans les  Bouches-du-Rhône (Atpu) en cours de démantèlement, en raison d’une rétention de matière nucléaire dans des « boîtes à gants » [laboratoires étanches] supérieure aux estimations (39 kg de plutonium, contre 8 prévus). Il n’avait été signalé aux autorités que plusieurs mois plus tard, en octobre. A la suite de cet événement, une opération de contrôle menée sur tous les sites a permis de détecter une autre situation de rétention supérieure aux estimations dans l’installation Star à Cadarache, et classée au niveau 1.

 

En termes de radioprotection, la surveillance des doses de radioactivité reçues par les 7.100 salariés concernés (dont 87 % de dose nulle enregistrée) démontre un niveau d’exposition conforme à la législation. La dose moyenne reçue était de 0,1 millisievert (mSv), soit un dixième de la dose annuelle autorisée pour le grand public (1 mSv). La dose maximale enregistrée, 6,4 mSv, reste inférieure à la dose annuelle maximale admissible pour les travailleurs (20 mSv).

 

Concernant les rejets dans l’environnement, 32.000 résultats de mesures de la radioactivité sur échantillons (air, eau, aliments, etc.) ont été transmis en 2009 par le CEA au Réseau national de mesures mis en place le 2 février dernier (dans le JDLE). Enfin, 6 événements déclarés concernaient les transports de matières radioactives et dangereuses.

 

Du côté de la santé au travail, 482 accidents du travail ont été enregistrés en 2009, dont 288 déclarés et 130 avec arrêt. Le taux de fréquence des accidents du travail, inférieur à la moyenne nationale (5,9 contre 24,7), a continué de baisser en 2009, en dépit d’une augmentation pour le personnel interne du CEA, « essentiellement liée aux épisodes de neige et de verglas ». Le taux a en revanche fortement baissé (20 %) chez les salariés des entreprises extérieures au CEA, passant de 12,7 en 2008 à 10,1 en 2009. Plusieurs actions de prévention du risque chimique sont également menées. L’application du règlement Reach et la mise en place du règlement sur la classification et l’étiquetage (CLP)sont identifiés comme des chantiers importants.

 

Concernant les nanotechnologies, « en l’absence de réglementation, le CEA applique le principe de précaution », souligne Edwige Bonnevie, directrice du pôle Maîtrise des risques du CEA. Un guide de bonnes pratiques sur la prévention des risques liés aux nanotechnologies a été diffusé début 2009 auprès des 49 laboratoires et des 680 personnes concernés, dont les recommandations s’inspirent largement du principe Alara (« as low as reasonably achievable »: [exposition] aussi basse que raisonnablement possible), créé pour la radioprotection.

 

« Le bilan 2009 est plutôt satisfaisant », juge également Philippe Bergeonneau, directeur de l’inspection générale et nucléaire. Il estime cependant que « l’incident de Cadarache a souligné le besoin de plus de rigueur, en particulier dans le contrôle annuel des appareils, dont le non-respect est à l’origine de 10 % des événements déclarés. Ce sera un des axes d’amélioration pour 2010 ». Une nouvelle procédure de transmission de l’information en cas de crise sera également testée tout au long de 2010.

 

 

(1)   Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et Délégué à la sûreté nucléaire et à la radioprotection pour les installations intéressant la Défense (DSND)

 



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