Mais pourquoi les collectivités ont-elle réduit leur consommation d'énergie?

Le 07 juillet 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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On installe 50% de plus de points lumineux dans les DOM qu'en métropole.
On installe 50% de plus de points lumineux dans les DOM qu'en métropole.
Novea Energies

Les communes ont réduit leur consommation d’énergie entre 2005 et 2012, montre une enquête de l’Ademe. Reste à savoir pourquoi.

C’est une bonne nouvelle. Pour la première fois depuis que ce suivi est réalisé, les consommations d’énergie finale des communes sont à la baisse. C’est du moins ce qui ressort d’une lecture un peu rapide de la dernière mouture de l’étude Energie et patrimoine communal, publiée en fin de semaine dernière par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe)[1].

Un point, d’abord, sur la consommation globale. En prenant en compte les écoles, les équipements sportifs, les bâtiments administratifs, mais aussi l’éclairage public et les flottes de véhicules, les communes ont consommé 27,6 térawattheures d’énergie finale en 2012. Soit à peu de chose près ce qu’elles avaient englouti en… 1990 (27,2 TWh). Entre 2005 et 2012, période suivie par l’étude, leur demande globale chute de 11,3%. Pas mal, si l’on se souvient que depuis plus de deux décennies, la population urbaine s’accroît, en moyenne, de 0,5% par an.

Plus nombreux, les urbains ont vu leur demande d’électrons, de fioul et de gaz passer de 513 à 475 kilowattheures par an: une baisse de 9,3% en 7 ans. Faut-il en déduire que les collectivités sont devenues plus économes? Possible, mais pas sûr.

Trois raisons essentielles

L’Ademe pointe trois raisons essentielles pour expliquer pareille évolution. Les communes de 2012 gèrent moins de bâtiments publics qu’en 2005. Entretemps, les intercommunalités ont récupéré maints équipements des villes qui n’apparaissent donc plus dans le bilan énergétique de ces dernières.

Second facteur d’économie: il a fait plus… chaud (en métropole, du moins) en 2012 qu’en 2005. Le nombre de degrés jours unifiés (DJU) cumulé France entière est de 2.368 DJU en 2012 contre 2.494 en 2005[2]. L’évolution des prix des énergies n’est sans doute pas totalement étrangère à un resserrement de la ceinture à kWh. En 7 ans, rappelle l’Ademe, le prix de l’électricité a progressé de 40%, contre 65% pour celui du fioul. Le montant des factures de gaz naturel s’envolant, lui, de 60 à 85%. Globalement, le montant de la facture énergétique des communes a augmenté de 35,5%, quand la consommation baissait de 11,3%.

La lumière des DOM

Désormais, l’énergie pèse 4,2% du budget de fonctionnement des villes, contre 3,8% en 2005. En métropole, les bâtiments représentent le principal poste de consommation (71%), devant l’éclairage public (19%) et le carburant des véhicules communaux (10%). Dans les DOM, ce sont les lampadaires qui coûtent le plus cher (45%), devant les bâtiments (35%) et les véhicules (20%). Il est vrai que sous les tropiques, on installe 45 points lumineux par kilomètre de voirie contre 33, en moyenne, dans l’Hexagone.

Des élus peu impliqués

L’explosion des coûts énergétiques et la multiplication des aides publiques ou parapubliques (certificats d’économie d’énergie, aides de l’Agence nationale de l’habitat (Anah), soutiens des régions), ont conduit les communes à vouloir maîtriser leur budget énergétique. Ce qui n’est pas simple. Car moins d’une ville sur 4 dispose d’un élu s’occupant d’énergie. Et seuls 5% des heureux bénéficiaires d’une délégation explicite y consacrent l’intégralité de leur temps d’élu.

Malgré un net repli, entre 2008 et 2010, les communes ont accru de 16,5% leurs investissements entre 2005 et 2012. «Ce qui a probablement facilité le lancement de travaux de maîtrise de l’énergie, même si les investissements et les actions les plus faciles avaient sans doute en partie été réalisés dans le passé», avance l’Ademe. Nombre de communes ont ainsi réduit le nombre de lampadaires et remplacé les anciennes sources conventionnelles par des lampes au sodium ou des LED, moins énergivores.

Côté bâtiments, les collectivités ont surtout privilégié l’isolation des portes et fenêtres et la rénovation des chaufferies. A noter qu’une large majorité des villes comptant moins de 2.000 habitants avouent ne pas avoir fait de travaux d’isolation des parois opaques, de régulation d’énergie ou d’amélioration de l’éclairage public. Dans les DOM, les collectivités ont concentré leurs efforts sur l’éclairage public et des bâtiments.

Moins de camions, moins de conso

Marginale, la consommation de carburants ne cesse de diminuer. Une évolution imputable à la modernisation des flottes, au transfert aux intercommunalités des véhicules les plus lourds (plus de 3,5 tonnes). Enfin, les carburants alternatifs commencent à faire leur apparition: 12% des communes sont équipées d’au moins un véhicule roulant au GPL, au gaz naturel, à l’électricité, contre 15% des groupements de communes. Cette présence croît avec la taille de la commune: 24% des villes de 2.000 à 10.000 habitants ont au moins un véhicule à énergie alternative, et 87% des villes au-delà de 50.000 habitants.

Finalement, «entre l’évolution du climat, les transferts de compétences et les travaux réalisés, on obtient une baisse des consommations, mais on est bien incapable aujourd’hui de dire quel facteur a été le plus efficace», reconnait-on dans les couloirs de l’Ademe. Et c’est bien la principale limite de ce genre d’enquête: trop irrégulière pour apporter une information exploitable, tant par les pouvoirs publics que par les élus locaux.



[1] Réalisée en partenariat avec l’Association des ingénieurs territoriaux de France (AITF) et la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR), l’étude Energie et patrimoine communal a été conduite par TNS Sofres auprès de 1.646 collectivités métropolitaines et ultra-marines de plus de 500 habitants. Elle exclut les villes de Paris, Lyon et Marseille.

[2] Le nombre de degrés jours unifiés (DJU) est calculé, sur une période de chauffage, à partir de relevés de températures extérieures effectués par Météo France en faisant la différence entre la température de référence, par exemple 18°C, et la moyenne de la température minimale et la température maximale de chaque jour.

 



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