Mais où sont vraiment les nanos?

Le 27 mai 2011 par Geneviève De Lacour
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En 2020, selon l’Office international du travail (OIT), 20% des produits manufacturés seront réalisés en partie grâce aux nanotechnologies. Ce chiffre, repris par le docteur Françoise Jacquet lors des 31e journées nationales de santé au travail qui se sont tenues du 25 au 27 mai à Versailles, souligne, selon le médecin du travail «une grande révolution en cours». Les nanotechnologies devraient donc tenir une place de plus en plus prépondérante dans la production industrielle et pour des secteurs d’activité très variés. Jusqu’à présent, les entreprises productrices ou utilisatrices de nanotechnologies n’avaient jamais été identifiées en France.

Le Centre interservices de santé et de médecine du travail en entreprises (Cisme) a présenté, lors de la conférence, les résultats de la première enquête-pilote du Cisme sur le repérage des populations salariées exposées aux nano-objets. En parallèle, l'Institut national de recherche et de sécurité (Inrs) a réalisé sa propre enquête en 2010. Plus représentative, l'étude de l'Inrs a reçu 1.047 réponses provenant des entreprises de la chimie, des peintures, des encres et des vernis, et de la plasturgie. «Le taux de réponse au questionnaire est particulièrement élevé pour ce genre d’enquête qui plafonne généralement autour de 25 à 30%» précise l’étude Inrs. Lors de la conférence, le docteur Françoise Jacquet a souligné la faiblesse des retours de l'enquête Cisme (seulement 47 réponses). Le Cisme a décidé de prolonger l’enquête jusqu’à fin 2012.

Voici donc les résultats de l'enquête Inrs.

47% des entreprises ont répondu au questionnaire de l'Inrs. Et les premiers résultats montrent que seules 3% des entreprises sont productrices de nano-objets, ce qui fait que moins de 1.000 salariés seraient potentiellement exposés. 17% des établissements sont utilisateurs et exposent ainsi 3.200 salariés. En revanche, l’enquête ne prend pas en compte l’exposition des salariés par dégradation des objets.

Pour lever toute ambiguïté sur l’identification des matériaux, ont été définis comme nanomatériaux les objets dont la taille est inférieure à 100 nanomètres. L’enquête a parfois dû être requalifiée en raison d’erreurs sur la nature des produits, considérés comme nanométriques alors qu’ils étaient utilisés sous leur forme micrométrique. Car sur les 13 nanoparticules listées, toutes existent sous deux formes, nano et micrométrique. Ainsi, alors que 44 établissements ont déclaré employer du dioxyde de titane (TiO2) nanométrique, après vérification des enquêteurs, seuls 22 établissements utilisaient véritablement ce composé sous une forme nano.

Au total, sur les 88 établissements identifiés, 13 sont des producteurs de nano-objets, 77 sont des utilisateurs, dont 2 sont à la fois producteurs et utilisateurs. Les nano-objets impliqués sont principalement minéraux comme le SiO2, le TiO2, CaCO3, Fe2O3 ou le noir de carbone. 32% des entreprises utilisent du dioxyde de titane, 23% du noir de carbone et 19% de l’oxyde de zinc.

Les entreprises rencontrent des difficultés de repérage. Selon les résultats de l’enquête, les fiches techniques, les fiches de données de sécurité ne «fournissent pas de données suffisamment exhaustives, pertinentes et facilement compréhensibles pour repérer parmi les produits qu’ils utilisent ceux contenant des nano-objets.» Et le rapport de compléter: «cela constitue un frein à l’identification et à la prévention des risques professionnels liés à la mise en œuvre des nano-objets».

 
D’ailleurs pour répondre à cette difficulté, un décret est en cours d’élaboration pour fixer les éléments d’information et les déclarations que devront systématiquement fournir les producteurs de nano-objets.
 
L’étude Inrs réalisée sur 5 secteurs devrait donc être étendue à l’ensemble des 42 secteurs industriels repérés initialement.
 

 



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