Mais à quoi sert donc Linky ?

Le 17 septembre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le compteur expérimental d’ERDF est-il nettement moins intelligent que prévu ? On est tenté de le penser à la lecture d’une étude réalisée pour le compte de l’Ademe.

Ce petit compteur vert est supposé, rappelle ERDF, « faciliter la maîtrise de l’énergie grâce à une information plus riche sur vos consommations. » Le principe étant qu’un compteur affichant la consommation instantanée peut inciter les usagers à faire quelques économies. Un concept validé dans plusieurs pays anglo-saxons et scandinaves où l’on a pu observer des baisses de consommation pouvant aller jusqu’à 15 %.

Hélas, Linky aura bien du mal à informer les clients d’EDF, de GDF Suez ou de Direct Energie. En effet, il doit remplacer les compteurs électromécaniques ou électroniques actuels. C’est-à-dire être installé à leur place. Problème : la majorité d’entre eux (17 millions environ) sont situés hors des logements. Et l’on imagine mal l’usager vertueux descendre à la cave ou dans son garage pour aller observer les chiffres de sa consommation d’électrons. Conciliant, ERDF pourrait délivrer cette information sur un site internet. Pour observer sa consommation, il faudra donc consommer plus de courant. Intéressante solution. Quant à rapatrier les 17 millions de Linky hors les murs dans les logements, inutile d’y penser. Un rapide calcul permet d’évaluer le montant du devis : 12 milliards d’euros !

 

Linky devait aussi contribuer à réduire les consommations d’électricité en période de pointe. Ce qui évite d’importer du courant, à prix élevé, ou de démarrer des centrales de pointe, fortement émettrices de CO2. Pour lisser les consommations en période de pointe, les électriciens espèrent pouvoir agir sur la consommation, notamment en coupant automatiquement durant une courte période les équipements électroménagers non vitaux (machine à laver, sèche-linge, notamment). Hélas, contrairement au compteur « tarif bleu », Linky n’est pas doté de suffisamment de contacteurs « secs » pour télé-gérer notre matériel électroménager. Exit, les économies.

 

D’autant que la petite merveille électronique consomme, elle aussi. Selon l’Ademe, 30 millions de compteurs communicants augmenteront la consommation nationale d’électricité de 0,3 à 0,4 térawattheures par an (TWh/an). Une estimation qui n’inclut pas la consommation des systèmes informatiques (les data centers), nécessaires au traitement des informations envoyées par Linky.

 

Mais le plus grave n’est peut-être pas là. Car, de l’aveu même des experts d’ERDF, ce nouveau compteur n’a de communicant que le titre. Sur les 140.000 compteurs expérimentaux déjà mis en service, seule une petite… vingtaine parvient à dialoguer avec le système informatique d’ERDF. Du fait de sa conception, Linky est aussi très sensible aux variations de puissance. Ce qui inquiète beaucoup EDF qui craint qu’avec l’arrivée de l’hiver, Linky disjoncte (et l’installation électrique de la maison à laquelle il est raccordé) dès l’allumage des… radiateurs électriques. De là à ce que les électriciens demandent à leurs clients de rehausser systématiquement la puissance souscrite de leur contrat, il n’y a pas loin.

Il y a quelques jours, lors d’une récente réunion à la Commission de régulation de l’énergie, un responsable d’ERDF s’est avoué pessimiste quant aux chances de voir le Linky, première génération, être installé dans tous les foyers français. C’est peut-être plus raisonnable, en effet.

 



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