Macron-Le Pen : deux visions de l’environnement

Le 24 avril 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La Rotonde, la brasserie préférée d'Emmanuel Macron.
La Rotonde, la brasserie préférée d'Emmanuel Macron.
La Rotonde

Les deux candidats à la présidence de la République ne sont pas porteurs des mêmes valeurs environnementales.

 

L’élection présidentielle n’est pas le scrutin favori des écologistes. Mais le millésime 2017 restera comme celui du désastre pour les partisans d’un modèle de développement compatible avec les limites physiques de notre environnement.

Benoît Hamon, candidat issu de la primaire de la gauche et allié de Yannick Jadot (gagnant des primaires écolo) a réalisé le pire score jamais réalisé par un candidat socialiste depuis 1969: 6,35%. Avec 19,6% des voix, Jean-Luc Mélenchon, dont le programme environnemental a séduit plus d’un militant écologiste, rate de peu sa qualification. Ce sont donc Emmanuel Macron (En Marche!) et Marine Le Pen (Front National) qui en découdront au second tour, le 7 mai prochain.

Dans la continuité

 Deux visions du monde, en général, et de l’environnement en particulier. Bien qu’il s’en défende, l’ancien ministre de l’économie de François Hollande se situe résolument dans la continuité de l’action engagée par l’actuel gouvernement. Le promoteur des autocars de tourisme propose, par exemple, d’appliquer toute la loi et rien que la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) de Ségolène Royal.

La crise ne paie pas. Les sites des grandes batailles environnementales n’ont pas été favorables à Benoît Hamon, allié des écologistes. Dans les trois départements alpins où sévissent les loups, dans le Haut-Rhin (Fessenheim), la Loire (A45), la Meuse et la Haute-Marne (Cigéo), la Seine-Maritime (éoliennes offshore), Benoît Hamon a réalisé des scores inférieurs à sa moyenne nationale. Deux exceptions à cette terrible litanie: le candidat socio-écolo franchit la barre des 8% en Loire-Atlantique (merci Notre-Dame-des-Landes) et des 6,5% en Isère (à cause de Roybon?).

A coup d’emprunts, l’ancien banquier d’affaires se propose de favoriser le développement des énergies renouvelables, d’engager les territoires ultra-marins sur la voie de l’autonomie énergétique. Et de booster, grâce à des primes payées avant le démarrage des travaux, la lutte contre la précarité énergétique.

Des primes, il en faudra aussi pour inciter les automobilistes à remplacer leur vieux diesel par une voiture propre ou électrique, ou les collectivités à installer des bornes de recharge de véhicules électriques. Bref, business as usual.
Tel n’est assurément pas le credo de sa compétitrice. Grande pourfendeuse du corpus juridique actuel, Marine Le Pen amendera sévèrement la LTECV. Plus question d’accélérer la fermeture de centrales nucléaires. Mieux, leur durée de vie sera revue à la hausse. Nationalisée, EDF récupérera l’exploitation de la totalité des centrales hydroélectriques. Si elle projette de porter un coup fatal à l’éolien, l’ancienne avocate promet de favoriser le photovoltaïque et la biomasse.

Deux électorats. C’est entendu, les programmes de Macron et de Le Pen ne se ressemblent pas. Tout comme leur électorat, souligne une étude sur la sociologie du vote, réalisée par Opinion Way. Emmanuel Macron peut compter sur le soutien des urbains, de préférence des grandes villes et des régions prospères (Paris, littoral atlantique, les deux Savoie, la Bretagne). Marine Le Pen recrute bon nombre de ses partisans dans les petites villes et dans les zones rurales du Nord, du Sud et du grand Est du pays. La candidate frontiste séduit une majorité de 18-25 ans et de 34-49 ans. Et reste la préférée des électrices, des salariés et des actifs à revenu modeste. Bénéficiant sans doute de l’effet gendre idéal, Emmanuel Macron est populaire chez les plus de 65 ans, dans les catégories socioprofessionnelles supérieures. Il recrute beaucoup au Modem et au parti socialiste.

 

En attendant de découvrir le Graal énergétique: l’hydrogène. Espérons que cela ne nécessitera pas trop de machines étrangères, dont l’importation en masse risquerait de fausser le «protectionnisme intelligent» que ne manquera pas de mettre en place l’administration frontiste.

Amie des animaux, Marine Le Pen, préconise un retour à une «agriculture innovante et humaine». Bio, de préférence. Un basculement qu’il faudra financer sans la politique agricole commune (PAC): la France «Bleue marine» ayant quitté l’euro et l’Europe.

 



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