Lymphome: les perturbateurs endocriniens, risque professionnel masculin

Le 27 mars 2015 par Romain Loury
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Les solvants organiques, entre autres
Les solvants organiques, entre autres
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L’exposition professionnelle aux perturbateurs endocriniens favorise le risque de certains lymphomes, mais seulement chez les hommes, selon une grande étude européenne publiée dans le British Journal of Cancer. Parmi les substances les plus dangereuses, les pesticides et certains solvants organiques.

Menée dans les six pays du réseau Epilymph (Espagne, France, Allemagne, Italie, Irlande, République tchèque), cette étude portant sur 2.178 cas de lymphome et 2.457 contrôles confirme l’existence du risque professionnel lié à ces substances. «A notre connaissance, il s’agit de la première étude aussi complète sur le risque professionnel de lymphome chez les personnes exposées aux perturbateurs endocriniens», constatent ses auteurs issus des six pays.

Le risque n’était démontré que chez les hommes, dont le risque est accru de 24% chez ceux exposés à des perturbateurs endocriniens, uniquement pour un certain type de lymphome, celui touchant les lymphocytes B matures. Quant à l’absence de signal chez les femmes, elle ne surprend pas les chercheurs: moins fréquemment touchées par les lymphomes, elles bénéficieraient d’un effet protecteur de leurs hormones sexuelles, les œstrogènes.

Jusqu’à 32% en fin de carrière

Chez les hommes, le risque s’élève avec la durée, jusqu’à une hausse de 32% chez ceux exposés depuis plus de 30 ans. Sans surprise, il diminue avec le temps écoulé depuis la dernière exposition, devenant nul chez les hommes qui ne sont plus en contact professionnel avec des perturbateurs endocriniens depuis 15 ans.

Parmi les différentes substances, les chercheurs observent des associations significatives avec les pesticides (organochlorés, organophosphorés, pour les carbamates et pyréthrinoïdes), des solvants organiques (éthylène glycol, xylène, toluène) et les composés alkylphénoliques.

Le lien entre certaines maladies du sang, dont les lymphomes, et les perturbateurs endocriniens est désormais un cas d’école dans la reconnaissance des maladies professionnelles. Dernier cas en date, celui d’un salarié de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), décédé en 2013 d’un syndrome myélodysplasique: examiné jeudi 26 mars par le tribunal administratif de Clermont-Ferrand, ce cas, le premier auquel est confronté l’organisme de recherche, pourrait être suivi par d’autres en son sein, a indiqué l’avocat François Lafforgue à l’Agence France Presse (AFP). La décision du tribunal a été mise en délibéré.



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