Lubrizol : le SNIIM milite en faveur de la création d'une autorité indépendante

Le 07 octobre 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Près de 300 sapeurs pompiers ont lutté contre les flammes.
Près de 300 sapeurs pompiers ont lutté contre les flammes.
SDIS 76

Secrétaire général adjoint du syndicat national des ingénieurs de l’industrie et des mines (SNIIM), Julien Jacquet-Francillon estime qu’une autorité indépendante en charge du risque industriel pourrait délivrer une meilleure information que les autorités en charge de la gestion de la crise. Explications.

 

Estimez-vous insuffisante l’information délivrée aux populations par les pouvoirs publics à la suite de l’accident de Lubrizol ?

Sur le plan technique, c’est difficile à dire. On a encore du mal à savoir ce qui s’est passé.

 

La ministre de la transition écologique a rappelé que l’usine accidentée avait été inspectée 39 fois depuis 2003.

Il faut avoir en tête ce qu’est le quotidien des inspecteurs des installations classées. Nous sommes en charge de sujets toujours plus nombreux, comme l’éolien, le déploiement de l’Autorisation environnementale qui nous prennent beaucoup de temps. A cela, il faut ajouter les réformes de l'Etat qui s’enchaînent depuis les précédents quinquennats. Alors, oui, nos effectifs sont stables, mais notre présente sur le terrain est de moins en moins évidente.

 

Comprenez-vous l’inquiétude de la population rouennaise ?
Bien évidemment. Ses demandes d’information ne sont pas toujours exaucées au moment où elle le souhaiterait. Ce qui s’explique aisément : les autorités en charge de la gestion de la crise ont aussi leur mission de protection des populations et leur agenda en dehors des périodes de crise. Il n’est pas toujours facile d'accéder au recensement des produits stockés sur un site ni d'identifier rapidement leur dérivés de transformation après un incendie. Et certaines analyses, par exemple, prennent du temps. Cela étant, je pense qu’une autre organisation pourrait améliorer les choses.

 

Comment cela ?

Prenons l’exemple de l’autorité de sûreté nucléaire. C’est une autorité administrative indépendante qui a toute latitude pour délivrer, parallèlement aux autorités, toutes les informations qu’elle juge utiles sur les établissements concernés, les risques encourus, etc. De plus, l’ASN publie un bilan annuel de la sûreté nucléaire, avec une fiche pour chaque site. Nous manquons d’une transparence et d'une information similaires pour le risque industriel.

 

Vous plaidez pour la création d’une autorité de la sécurité industrielle ?

C’est une proposition que le SNIIM fait depuis plusieurs années. Cela permettrait d’avoir une information indépendante sur l’état de la sécurité des installations industrielles, en temps normal, et en période de crise.

 

Une difficulté: le nombre des ICPE est très largement supérieur (plus de 500.000) à celui des installations nucléaires de base (moins de 130).

Tout à fait. Mais, dans un premier temps, l’autorité de sécurité industrielle pourrait se limiter à suivre les 1.300 installations classées Seveso.



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