Loup: un premier tir de défense autorisé sur un hybride

Le 27 août 2018 par Marine Jobert
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L'Oncfs n'a pas validé la thèse d'un loup hybridé sur cette photo.
L'Oncfs n'a pas validé la thèse d'un loup hybridé sur cette photo.

Alors que les éleveurs pyrénéens promettent un comité d’accueil musclé à un Hulot décidé à réintroduire deux oursonnes, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a autorisé pour la première fois des tirs sur un loup hybridé. A la grande satisfaction des éleveurs.

 «Au moment où nous procédons dans le même secteur à la réintroduction d’un ours, nous devons tout faire pour chasser cet animal.» Ainsi justifie Gilbert Payet, ce 27 août, l’autorisation qu’il a délivrée la semaine dernière à un éleveur de procéder à des tirs de défense contre un canidé photographié à plusieurs reprises dans la vallée de l’Ossau. «La prochaine étape, ce sont les tirs de défense renforcée jusqu’à une dizaine de tireurs, et ensuite –là, la décision est entre les mains du ministre–, la mobilisation de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) pour faire un tir de prélèvement et donc abattre l’animal.»

Mi-loup, mi-chien

Car c’est un seul canidé qui serait dans le viseur des services de l’Etat. Et –c’est une première– il s’agit d’un loup hybridé, comme l’ont établi des analyses génétiques réalisées par l’ONCFS sur des cadavres de brebis victimes de prédation dans le courant de l’été. «Un rapport d'expertise, produit le 9 août 2018, précise que deux échantillons (sur 6 au total) envoyés le 18 juillet dernier et relevés sur les communes Castet et Louvie-Soubiron près du col de Lallène, caractérisent un même animal, hybride entre un loup d'origine italo-alpine et un chien», a précisé la préfecture dans un communiqué.

C’est en novembre que le comité permanent de la convention de Berne devrait trancher quant à la demande de la Suisse de faire passer le loup du statut de ‘strictement protégé’ à ‘protégé’. Les Alpes suisses, où le loup est revenu en 1995, en comptent actuellement 50. Cet allégement ne lèverait évidemment pas toute protection de l’espèce, mais pourrait en cascade amener les Etats voisins à modifier leur propre gestion de l’espèce.

Syndicats agricoles mobilisés

C’est la première fois que l’Etat délivre une autorisation pour un animal ‘mi-loup mi-chien‘, ainsi que l’autorise la Convention de Berne pour les loups hybrides. Une victoire pour les éleveurs du massif. En septembre 2017, l’ONCFS avait établi que près de 92,5% de la population lupine française était 100% lupus lupus. «Dans un département sans loup installé, on aurait pu s’attendre à beaucoup plus de prudence, avec la publication de contre analyses scientifiques, déplore Jean-David Abel, de France Nature Environnement (FNE). L’Etat joue mal au plan politique, scientifique et psychologique, en n’accompagnant pas ces tirs de pédagogie. Des structures professionnelles, qui soutiennent sans preuve que 50% des loups en France sont des hybrides, en profitent.»

«Hulot à Paris, les ours en Slovénie!»

Les éleveurs pyrénéens, qui combattent avec virulence le retour du loup et la réintroduction de deux ourses en Béarn, sont sur le pied de guerre. «Hulot à Paris, les ours en Slovénie!», préviennent-ils dans un communiqué, alors que la venue du ministre de la transition écologique se profile pour le 29 août. «Les Pyrénéens ont dit non à la réintroduction! Les consultations internet bidon n’y changeront rien», balaient la Fédération nationale de défense du pastoralisme et l’Association pour le développement durable de l'identité des Pyrénées. 88,9% des participants en France entière et 71,6% des participants pyrénéens sont favorables à ces réintroductions, qui visent à sauver les deux ours esseulés dans la partie occidentale du massif; un chiffre qui tombe à 58,1% dans le département des Pyrénées-Atlantiques. Et les éleveurs promettent un comité d’accueil musclé, si Nicolas Hulot persistait dans son déplacement.

 



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