Loup: six tirs de défense en consultation publique

Le 15 février 2016 par Romain Loury
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Une consultation pour la forme
Une consultation pour la forme
©Ferus

Malgré un avis négatif du Conseil national de la protection de la nature (CNPN), le ministère de l’écologie propose à la consultation publique son projet d’arrêté permettant d’abattre six loups supplémentaires d’ici fin juin, uniquement par des tirs de défense. Ce qui porterait à 42 le nombre de loups officiellement abattus en 2015-16.

Le ministère n’a pas traîné: deux jours après avoir encaissé un avis négatif du CNPN, mardi 9 février, il mettait en consultation publique, jusqu’au 4 mars, un arrêté qui permettra de tuer jusqu’à six loups de plus d’ici fin juin. A ce jour, 34 loups ont été tués par des tirs de prélèvement ou de défense (voir encadré), du 1er juillet au 23 décembre 2015, date à laquelle les préfets ont suspendu les autorisations du fait que le plafond de 36, initialement prévu pour la période 2015-16, était presque atteint.

Les tirs de défense et les tirs de prélèvement doivent faire l’objet d’arrêtés préfectoraux, pris dans le respect d’un plafond fixé au niveau national. Les tirs de défense ont trait à la protection d’un troupeau, et leur autorisation ne concerne qu’un seul éleveur. Idem pour les tirs de défense renforcée, qui peuvent être effectués par un maximum de 10 personnes. Quant aux tirs de prélèvement, pris en cas de dégâts importants et récurrents, il s’agit d’une action collective, sans lien avec un élevage particulier.

Sur son site de consultation publique, le ministère juge «vraisemblable que le seuil de loups pouvant être prélevés puisse être atteint à court ou moyen termes avant le 30 juin 2016». «Si ce plafond de 36 loups venait à être atteint, toutes les autorisations de tir pour assurer la protection des troupeaux seraient alors interrompues; les éleveurs seraient alors dans l’impossibilité de défendre leur troupeau en particulier par la mise en œuvre des tirs de défense», ajoute-t-il.

Au plus deux tirs de défense renforcée

Le projet d’arrêté prévoit donc, une fois le plafond de 36 atteint, «la destruction de six loups supplémentaires (mâles ou femelles, jeunes ou adultes)». Ces tirs, uniquement de défense, ne pourront être effectués qu’avec des armes à canon lisse, ayant «une faible chance de détruire un loup mais [dont] les effets d’effarouchement sont reconnus», rappelle le ministère.

Seule exception, au maximum deux de ces six individus pourront faire l’objet de tirs de défense renforcée, avec plusieurs tireurs équipés d’armes à canon rayé. Et ce uniquement du 1er mai au 30 juin, période pendant laquelle «la pression de la prédation est la plus intense (notamment lorsque les troupeaux sont dans les alpages)», indique le ministère. «Les attaques de loups peuvent y être récurrentes et très importantes, et les seuls tirs de défense avec des fusils à canon lisse ne sont pas suffisants pour protéger les troupeaux», ajoute-t-il.

Sur 107 commentaires, 102 négatifs

Comme pour l’arrêté de juin 2015, celui fixant le plafond initial de 36 individus, la quasi-totalité des commentaires adressés à ce texte sont pour l’instant négatifs: sur les 107 enregistrés sur le site lundi après-midi, seuls cinq y étaient favorables. Comme l’avis négatif du CNPN, ils n’ont aucune chance d’empêcher la promulgation de l’arrêté, ne constituant rien d’autre qu’une obligation légale.

Dans son commentaire, la Société française pour l’étude et la protection des mammifères (SFEPM) estime qu’en tenant compte d’autres morts de loups, dont celles «supposées accidentelles», ce sont 46 à 49 loups qui ont été détruits en France depuis juillet 2015. «Selon les estimations de l’ONCFS [Office national de la chasse et de la faune sauvage], un tel niveau de destructions entraînerait une baisse de la population avec une probabilité supérieure à 50%», rappelle l’association.

Selon l’ONCFS, la population française de loups est passée de 301 en 2014 à 282 en 2015 -les chiffres de 2016 n’étant pas encore connus. Or dans le même temps, «le nombre d’attaques sur les troupeaux imputées au ‘loup non exclu’ a même augmenté de 4%, et le nombre de brebis indemnisées a augmenté de 2%», rappelle la SFEPM, qui dénonce l’inefficacité de cette politique.

[1] Ces estimations ne constituent pas un décompte exact, et comportent une marge d’incertitude. Même s’il constitue une première, ce déclin n’atteint donc pas la significativité statistique. Mais il y aurait au mieux une stagnation des effectifs.



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