Loup: plus de meutes, plus de tirs

Le 12 avril 2017 par Marine Jobert
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Les meutes de loups plus nombreuses.
Les meutes de loups plus nombreuses.
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Alors que Ségolène Royal s’apprête à autoriser la destruction de 4 autres loups (en plus des 36 déjà tués), des explorations réalisées l’été dernier dans les zones de présence permanente du canidé montre une augmentation du nombre de meutes.

Hurler avec les loups. C’est ainsi que les agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) du réseau national loup-lynx s’y prennent pour stimuler le hurlement des canidés, le plus souvent à l’aide de cônes de chantier. Et l’été 2016 a été fécond, selon le bilan du suivi estival de la population de loups, publié ce 12 avril. Six nouvelles zones de présence permanente (ZPP) ont été identifiées, ce qui porte à 55 les territoires sur lesquels «au moins trois indices de présence ont été relevés pendant deux hivers consécutifs», une définition qui permet de caractériser l’installation –durable ou non- d’au moins un loup. Dix-neuf louveteaux ont été recensés. La France compte aujourd’hui 41 meutes, contre 36 à la sortie de l’hiver 2015-2016. L’estimation du nombre de loups n’a pas été réalisée pour ce bilan.

Le hurlement provoqué suscite chez une meute installée une réponse en réaction de défense du territoire. Ces opérations sont réalisées en été, période pendant laquelle le jappement des louveteaux peut être distingué du hurlement des adultes. Le nombre de loups ne peut être dénombré avec cette technique, car tous les loups d’une meute ne vont pas forcément répondre et à partir de 3 ou 4 individus hurlant en chœur, l’oreille humaine ne sait pas individualiser les animaux.

19 louveteaux

De nouveaux groupes sociaux s’installent dans les zones interstitielles, entre les territoires de meutes déjà connues, note l’ONCFS, notamment dans les Alpes du Sud. «Ce suivi estival a permis de détecter la présence de nouveaux groupes sur des espaces où la contigüité des meutes est importante.» Par essence mouvants, les périmètres des ZPP sont appelés à être adaptés en fonction des déplacements des animaux. Et de nouvelles zones devraient être caractérisées à l’issue du suivi hivernal, comme en Chartreuse (Isère-Savoie) et dans l’Embrunnais (Hautes-Alpes), ainsi que dans le massif de l’Aigoual (Gard-Lozère), le massif des Maures (Var) et le secteur du Caroux (Hérault).

Pompili se rebiffe

La ministre de l’environnement semble également adopter la technique du hurlement provoqué (voir encadré), cette fois-ci en direction des associations de protection de la nature et de Bruxelles. Car Ségolène Royal s’apprête à publier deux arrêtés, qui porteront à 40 le nombre de loups autorisés à la destruction entre le 1er juillet 2017 et le 30 juin 2018 ?. Motifs invoqués pour remonter encore le plafond de 36 loups déjà abattus? «Permettre la protection des troupeaux pendant la montée en estive au printemps 2017» et «assurer la défense des troupeaux qui restent en pâturage tout au long de l’année». La décision politique de Ségolène Royal, qui a validé durant ses trois ans à l’Hôtel de Roquelaure l’augmentation progressive du nombre de loups légalement abattus, ne devrait pas être paraphée par sa secrétaire d’Etat à la biodiversité. Selon nos informations, Barbara Pompili aurait refusé de signer les arrêtés.

Contingentement numérique

Ces arrêtés interviennent alors qu’une expertise scientifique a conclu fin mars qu’après des années d’augmentation, la population de loups présents sur le territoire français ne croissait plus. Les spécialistes du Muséum d’histoire naturelle et de l’ONCFS craignent même qu’elle diminue si les tirs de destruction autorisés par l’Etat devaient être poursuivis et intensifiés. «L’Etat français conduit aujourd’hui en réalité une politique de contingentement numérique et géographique de l’espèce: ses décisions sont aujourd’hui injustifiables, devant les éléments scientifiques produits par ses propres services», ont dénoncé France Nature Environnement (FNE), Humanité & Biodiversité et la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO).

 



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