Loup: le plafond annuel fixé à 40 tirs

Le 20 juillet 2017 par Romain Loury
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Le plafond de nouveau rehaussé
Le plafond de nouveau rehaussé
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Le couperet est tombé: 40 loups pourront être abattus jusqu’au 30 juin 2018, selon un arrêté publié jeudi 20 juillet au Journal officiel. Soit quatre de plus que lors de l’arrêté de 2016.

Par la voix de ses ministres de la transition écologique (Nicolas Hulot) et de l’agriculture (Stéphane Travert), en désaccord sur le sujet, le gouvernement a décidé de poursuivre la manière forte. Voire de l’accentuer: l’arrêté publié jeudi va nettement au-delà de ce qui était proposé lors de la consultation publique.

Le projet d’arrêté prévoyait ainsi un maximum de 36 à 40 loups: c’est ce dernier chiffre qui a été retenu. Autre exemple, le projet initial indiquait que, au-delà de 26 à 30 loups, les tirs de prélèvement seraient interrompus, les autres loups ne pouvant plus être abattus que par des tirs de défense. Résultat: l’arrêté fixe désormais une limite de 32 tirs de prélèvement.

40, un chiffre définitif?

Le plafond du nombre de tirs, qui ne peuvent être autorisés individuellement que par les préfectures, est donc de nouveau à la hausse: de 11 autorisés par arrêté pour l’année 2012-13 (chiffre fixé sous la présidence Sarkozy), il est passé  à 24 en 2013-14 (idem en 2014-15), puis à 38 en 2015-16 et 40 en 2016-17.

Pour ces deux dernières saisons, le seuil initial était de 36, avant d’être rehaussé par des arrêtés additionnels. Cette année, il est d’emblée fixé à 40, mais pourrait fort bien le dépasser si d’autres arrêtés étaient pris en cours d’année.

Très remontées contre ce nouvel arrêté, plusieurs associations[i] estiment qu’il «poursuit et aggrave la gestion calamiteuse de ce dossier engagée par le précédent gouvernement». «Plutôt que d’organiser enfin la cohabitation [entre les loups et les éleveurs], le nouveau gouvernement poursuit, sous les pressions de lobbies agricoles, la politique à courte vue de son prédécesseur», ajoutent-elles.

Le CNPN très critique

Malgré les tirs, la population de loups est en hausse, avec environ 360 individus estimés en 2016. Le nombre de tirs dépasse donc le taux de 10% de la population, ce qui va à l’encontre des préconisations du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) et de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

Dans un rapport très critique sur la gestion du dossier loup, publié fin mai, le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) estimait aussi que «l’abattage chaque année de 12 à 15% de la population de loups n'apparaît pas compatible avec le maintien de sa population dans un état de conservation favorable». D’autant que les conséquences des tirs, aussi bien sur la dynamique du loup que sur les attaques des troupeaux, demeurent inconnues, en l’absence d’une étude pourtant demandée à plusieurs reprises à l’Etat.



[i] France nature environnement, Humanité & biodiversité, Ligue de protection des oiseaux (LPO) et le WWF.

 



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