Loup: le CNPN s’oppose à d’autres abattages

Le 09 février 2016 par Romain Loury
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282 loups en 2015, combien en 2016?
282 loups en 2015, combien en 2016?
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Le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) a rejeté, mardi 9 février, à une forte majorité un projet d’arrêté permettant l’abattage de six autres loups pour la période 2015-16. Un avis consultatif dont nul ne sait, en ces jours de remaniement imminent, s’il sera écouté ou pas.

Mi-janvier, les associations du réseau Cap Loup ont manifesté à Lyon et Nice pour protester contre la politique du gouvernement en matière de loup. En cause, le fait que le plafond de 36 individus à abattre entre juillet 2015 et juin 2016, déjà un record, était sur le point d’être franchi, et que le ministère de l’écologie s’apprêtait à autoriser l’abattage de six autres individus pour cette année.

Or pour cela, il faut publier un autre arrêté de dérogation aux interdictions de destruction de cette espèce protégée, texte qui a été soumis mardi matin au CNPN. Sans grand succès: le projet, qui porterait à 42 le nombre de loups pouvant être abattus cette année, a été rejeté par 18 voix contre, sept voix pour et deux abstentions.

Le CNPN «s’était fait avoir»

«Le CNPN s’était prononcé en faveur de l’arrêté portant à 36 le nombre de loups pouvant être abattus [texte publié le 2 juillet 2015, ndlr], il a jugé aujourd’hui qu’il s’était fait avoir», estime le président de l’association Action Nature Rewilding France, Pierre Athanaze, contacté mardi par le JDLE.

Les tirs de défense et les tirs de prélèvement doivent faire l’objet d’arrêtés préfectoraux, pris dans le respect d’un plafond fixé au niveau national. Les tirs de défense ont trait à la protection d’un troupeau, et leur autorisation ne concerne qu’un seul éleveur. Idem pour les tirs de défense renforcée, qui peuvent être effectués par un maximum de 10 personnes. Quant aux tirs de prélèvement, pris en cas de dégâts importants et récurrents, il s’agit d’une action collective, sans lien avec un élevage particulier.

Ce projet d’arrêté démontre «l’incompétence de la ministre [Ségolène Royal] et du préfet Michel Delpuech [de la région Auvergne-Rhône-Alpes] pour gérer ce dossier-là», ajoute-t-il. Les raisons de ce projet d’arrêté sont en effet assez étonnantes: avec 34 loups officiellement abattus sur le plafond de 36 initialement prévu, les éleveurs ne pourront bientôt plus effectuer des tirs de défense pour protéger leurs troupeaux en cas d’attaque. Et ce en raison d’un nombre trop élevé de tirs de prélèvement.

Prélèvera, prélèvera pas?

Si Pierre Athanaze salue «une plutôt bonne nouvelle», nul ne sait si l’avis du CNPN, qui n’est que consultatif, sera respecté, alors que d’autres ont déjà été ignorés par le ministère sur d’autres dossiers (Notre-Dame-des-Landes, bouquetins du Bargy). D’autant que le ministère pourrait très prochainement, peut-être d’ici la fin de la semaine, changer de tête.

Selon des estimations de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), le nombre de loups présents en France est passé de 301 individus en 2014 à 282 en 2015 [1], et on ignore pour l’instant le chiffre de 2016. Pour Pierre Athanaze, «c’est évident qu’il va baisser de manière importante».

[1] Ces estimations ne constituent pas un décompte exact, et comportent une marge d’incertitude. Même s’il constitue une première, ce déclin n’atteint donc pas la significativité statistique. Mais il y aurait au mieux une stagnation des effectifs.



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