Loup: Hulot dans les traces de Royal?

Le 15 juin 2017 par Romain Loury
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Le nouvel arrêté en consultation
Le nouvel arrêté en consultation
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Alors que la population française de loup est en hausse, les tirs ne devraient pas fléchir. Dans un projet d’arrêt mis en consultation lundi 12 juin, le ministère de la transition écologique et solidaire prévoit d’en abattre un nombre maximal de 36 à 40 entre juillet 2017 et juin 2018.

Le loup continue à progresser en France: selon le bilan du suivi hivernal assuré par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), l’Hexagone compterait une moyenne de 357 individus, contre 293 en 2015-16.

Comme chaque année en juin, le ministère de l’environnement, rebaptisé de la transition écologique et solidaire depuis l’arrivée de Nicolas Hulot, soumet à consultation un projet d’arrêté fixant le nombre maximum de loups dont la destruction pourra être autorisée du 1er juillet au 30 juin.

Mise en consultation du lundi 12 juin au lundi 3 juillet, la nouvelle version propose un nombre maximum compris entre 36 et 40 loups pouvant être abattus sur la campagne 2017-18, contre 36 en 2016-17 –un chiffre rehaussé à 38 par un arrêté paru en avril, comme en 2015-16.

Outre les 38 loups tués «légalement» depuis le 1er juillet 2016 –dont deux braconnés-, dix ont été retrouvés morts de façon supposément accidentelle, sans preuve avérée de braconnage, la plupart suite à une collision routière, selon un bilan dressé par CAP Loup. Dans de tels cas, des analyses sont menées: plusieurs cas de loups empoisonnés, puis percutés, ont déjà été observés –des cas de braconnage déguisés, qui n’entrent pas dans le quota ministériel.

Pas de rupture, au mieux un léger infléchissement, si l’on tient compte de l’augmentation des effectifs. Toutefois, rien n’assure que d’autres arrêtés ne viendront pas gonfler ce maximum de quelques individus, comme cela a été fait les dernières années.

Un seuil maximal de prélèvements

Comme en 2016-17, le ministère prévoit un seuil au-delà duquel les tirs de prélèvement seront interdits, les individus restants ne pouvant être abattus que dans le cadre de tirs de défense. Pour cette année, il sera fixé entre 26 et 30 –contre 32 en 2016-17-, avec «une dérogation possible pour les départements subissant un nombre important et récurrent de dommages et où peu de loups sont détruits».

Seule différence avec les années précédentes, le ministère ne fixe pas de chiffres bien définis dans son projet d’arrêté, mais plutôt des intervalles. «Les valeurs précises de chacun des deux seuils précités seront fixées à l’issue des diverses consultations menées par le ministre», précise le ministère.

Une campagne de CAP Loup

Pour le collectif associatif CAP Loup, «rien ne change ! (…) [Nous sommes] évidemment opposés à ce projet d’arrêté qui sacrifie, comme les années précédentes, des dizaines de loups pour contenter les lobbies agricoles et cynégétiques, sans résoudre aucune des difficultés des éleveurs et sans favoriser la cohabitation entre les loups et les activités humaines».

CAP Loup a par ailleurs lancé un manifeste pour demander la fin de ces tirs, une campagne relayée par plusieurs personnalités, parmi lesquelles le photographe Yann Arthus-Bertrand, le comédien Jacques Perrin, l’actrice Brigitte Bardot, l’humoriste Guillaume Meurice et le journaliste Fabrice Nicolino.

Les tirs de défense et les tirs de prélèvement doivent faire l’objet d’arrêtés préfectoraux, pris dans le respect du plafond fixé au niveau national. Les tirs de défense ont trait à la protection d’un troupeau, et leur autorisation ne concerne qu’un seul éleveur. Idem pour les tirs de défense renforcée, qui peuvent être effectués par un maximum de 10 personnes. Quant aux tirs de prélèvement, pris en cas de dégâts importants et récurrents, il s’agit d’une action collective, sans lien avec un élevage particulier.


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