Loup: 36 loups à «détruire» en 2016-2017

Le 02 juin 2016 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Une meute de loups.
Une meute de loups.
DR

Pour la deuxième année consécutive, l’Etat autorise le tir de 36 loups. Problème: les données sur le suivi des populations sont très incomplètes.

Ce sont 36 loups (mâles ou femelles, jeunes ou adultes) qui pourront être «détruits» entre le 1er juillet 2016 et le 30 juin 2017. L’arrêté, signé par les ministères de l’environnement et de l’agriculture, est mis en consultation du 31 mai au 22 juin. Un plafond identique avait été retenu l’année dernière. C’est Ségolène Royal qui aurait imposé ce nombre, contre l’avis de ses services, appuyés par le cabinet de Barbara Pompili. Un «chiffre politique», déplore Jean-David Abel, le vice-président de FNE, «qui sous-entend que les populations vont bien. Or on n’en sait rien.»

Ne cherchez pas: il n’existe pas d’étude officielle qui évalue les conséquences de ces tirs de loups, tant sur les populations que sur l’activité pastorale, touristique ou économique de la région.

Car, contrairement aux années précédentes, les données biologiques qui auraient permis d’établir un décompte plus ou moins précis des populations lupines hexagonales sont parcellaires. «Toutes les données permettant de déterminer habituellement l’évolution de la population lupine n’ont pas encore été obtenues, indique le ministère de l’environnement. Les indicateurs connus (nombre de zones de présence permanente, de meutes et aires de présence de l’espèce sur le territoire) indiquent que la population est en augmentation mais, dans l’attente des données complémentaires (effectifs de loups), le choix d’un plafond révisable a été fait.» Et c’est effectivement un système avec deux plafonds qui a été retenu pour passer sous les fourches caudines de la Convention de Berne ou de la Commission européenne.

 

«Les services de l’Etat ont tricoté un dispositif, avec un premier plafond de 27 loups [dans l’attente des données sur les populations], à ne pas dépasser avant le 30 septembre 2016 et de 36 loups à ne pas dépasser avant le 30 juin 2017», explique Jean-David Abel. Nouvelle subtilité: il est désormais prévu, à l’approche de l’échéance de l’arrêté, de ‘garder’ 4 loups à tirer dans le cadre des tirs de défense, pour faire face aux semaines ou mois avant la parution de l’arrêté suivant. Pour la saison 2015-2016, une nouvelle autorisation pour 6 loups était dans les cartons, qui n’a finalement pas vu le jour.

 

Détail cocasse: l’arrêté, qui sera publié à l’issue de la consultation, vise un avis du Conseil national de la protection de la nature (CNPN) qui se tiendra… le 7 juin. Soit après le début de la consultation. Même si cet avis est consultatif, plus personne ne fait semblant d’en tenir compte.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus