Lorient maîtrise sa consommation d’eau

Le 19 juillet 2006 par Christine Sevillano
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A l’heure où les prix de l’eau font débat, retour sur une ville qui mène une politique de réduction de la consommation d’eau depuis plus de 20 ans et incite ses administrés à la suivre.

Lorient est l’une des premières villes à avoir faire de la réduction de la consommation d’eau une de ses préoccupations, suite à la sécheresse de 1976 au cours de laquelle la ville a connu des problèmes d’approvisionnement. Mais le véritable point de départ est 1983, avec la création du poste d’adjoint à l’environnement, ainsi que la création d’un service dédié par la suite. Des actions concrètes vont alors être menées pour réduire la facture de la municipalité sur son patrimoine.

Le premier gisement d’économie est rapidement identifié: les fuites des canalisations. «Elles n’étaient pas bien entretenues et nous avions une perte énorme entre la production et la distribution. Grâce à un suivi des compteurs, à une analyse fine du réseau, nous avons pu traquer et remplacer les canalisations déficientes», explique Joël Coché, responsable des économies d’énergie de la ville de Lorient. Résultat: les pertes sont de l’ordre de 5% contre 30% pour d’autres villes. Cette action représente 70 à 80% des économies réalisées, soit environ 200.000 euros par an. Dans les années 1980, la facture d’eau de la ville s’élevait en effet à 330.000 euros contre 85.000 euros l’an dernier, alors même que le patrimoine municipalité s’est accru de manière importante. Le gros des travaux a duré 15 ans, mais aujourd’hui encore le service environnement de la municipalité continue de rechercher d’éventuelles fuites par un suivi permanent et très fin des factures.

Seconde démarche importante puisqu’elle représente 10 à 15% des économies réalisées: une cartographie des pressions. La municipalité l’a réalisée afin de déterminer les endroits où se situaient les plus fortes pressions, pour pouvoir les réduire. Certaines pouvaient aller jusqu’à 8 bars. «Nous les avons réduites à moins de 3 bars. Quand les pressions sont élevées, non seulement on consomme beaucoup d’eau, mais en plus on abîme les canalisations et les appareils», poursuit Joël Coché. Pour le reste, les ingénieurs ont changé les robinetteries, ainsi que les chasses d’eau pour les équiper de doubles commandes, notamment dans les écoles et le stade de football.

La municipalité a par ailleurs incité à la prise de conscience pour que personnel et administrés consomment moins d’eau. La ville mène notamment des actions de sensibilisation dans ce sens autant auprès des enfants que des adultes, et notamment les plus démunis pour qui les économies d’eau sont une aubaine. Ces démarches auraient permis de toucher environ 15.000 personnes en 4 à 5 ans sur près de 60.000 habitants. «En appliquant les meilleures pratiques, certaines familles parviennent désormais à consommer seulement 40 mètres cubes (m3) par an au lieu des 150 recensés en moyenne chez les Français sans perdre en qualité de vie», affirme l’ingénieur.

Les prochains défis de Lorient sont désormais la récupération des eaux de pluie et l’utilisation des eaux des stations d’épuration une fois filtrées et assainies. Une douzaine d’écoles sont déjà équipées de récupérateurs d’eaux pluviales pour alimenter les sanitaires, soit la moitié des établissements de la ville. En outre, dans le cadre de la communauté d’agglomération, qui comprend 19 communes, une opération de revente de cuves de récupération aux particuliers a été réalisée, réduisant le prix à 30 euros le réservoir de 500 litres. La collectivité en finance ainsi plus du tiers. Il s’agit de petites opérations, mais la mairie mène une réflexion afin d’équiper de capteurs tous les toits importants des ateliers municipaux dans les deux à trois ans, les eaux récupérées alimenteraient les sanitaires des ateliers et le lavage des véhicules municipaux.

Les eaux des stations d’épuration, impropres à la consommation, pourraient dans les années à venir fournir les golfs ou le stade. «Notre idéal serait de parvenir à une consommation de 60.000 m3 d’eau par an et avec de telles installations, les retours sur investissement sont très rapides, de à quatre ans», conclut Joël Coché.


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