Londres veut évaluer le risque boursier des énergies fossiles

Le 11 décembre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le secrétaire britannique à l'énergie veut évaluer l'ampleur des "actifs bloqués".
Le secrétaire britannique à l'énergie veut évaluer l'ampleur des "actifs bloqués".

C’est un petit pavé dans la mare de la City que vient de jeter le secrétaire britannique à l’énergie. En marge du sommet climatique de Lima, Ed Davey a affirmé que les fonds de pension devaient dévoiler leurs engagements financiers dans les entreprises exploitant les énergies fossiles. «C’est de l’intérêt des retraités, de leurs précieuses économies, que de savoir s’il existe des risques particuliers alors que nous nous engageons dans une économie bas carbone», a-t-il indiqué à Bloomberg.

Il ne s’agit pas là d’une simple boutade. Le ministre libéral-démocrate souhaite que la Banque d’Angleterre évalue le montant des «actifs bloqués» possédés par les fonds de pension et les investisseurs institutionnels britanniques. Le sujet est, il est vrai, potentiellement explosif.

Il se base sur le fait que pour stabiliser le réchauffement climatique à 2°C, les économies ne devront pas émettre plus de 1.000 milliards de tonnes de gaz carbonique. Ce qui, au rythme actuel, nous laisse encore une vingtaine d’années. Or le Giec[1] estime que de 3.700 à 7.100 Mdt CO2 seraient émises si les réserves économiquement récupérables de charbon et d’hydrocarbures étaient finalement exploitées.

limiter la consommation d'énergies fossiles

Conclusion: si l’on veut atteindre le but que s’est fixé la communauté internationale (limiter à 2°C le réchauffement), il faut limiter la consommation d’énergies fossiles. Ce qui réduirait la valeur des stocks de charbon, de gaz ou de pétrole excédentaires possédés par les pétrogaziers, les compagnies minières ou leurs actionnaires.

Utopie? Est-ce si sûr. S’il n’est pas encore adopté, le projet de loi sur la transition énergétique et la croissance verte impose «de réduire la consommation énergétique finale des énergies fossiles de 30% en 2030 par rapport à la référence 2012». Plus inquiétant pour les tenants du fossile, le texte qui sert de base aux discussions à Lima propose la neutralité carbone pour 2050 pour la planète, avec des émissions négatives pour 2100. Ce qui, là encore, limite, voire interdit dans un proche avenir la consommation d’énergies fossiles.

De quoi initier un sacré krach

Selon les experts, la valeur des actifs «fossiles» se situe entre 20 et 28.000 milliards de dollars (entre 16 et 22,6 Md€). La limitation du réchauffement à un niveau réputé «non dangereux» impose d’éviter d’exploiter les trois quarts, au moins, des réserves d’énergies fossiles. Ce qui équivaut à passer par pertes et profits entre 15 et 21.000 Md$ d’actifs (entre 12 et 17 Md€). De quoi initier un sacré krach boursier. On comprend l’inquiétude d’Ed Davey qui, lui aussi, a acheté des actions pour financer sa retraite.



[1] Giec: Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat

 



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