Londres, prête à la révolution énergétique

Le 07 décembre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Dans les textes, au moins, la politique climatique britannique est l’une des plus offensives. Comme la France, le Royaume-Uni a inscrit dans la loi l’obligation d’abattre de 80 % ses émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2050. Ce qui laisse, en principe, un peu de marge. Pas du côté nord du Channel. Londres doit en effet se fixer et atteindre des objectifs intermédiaires. A charge pour le Committee on Climate Change (CCC, l’institution indépendante chargée de conseiller le gouvernement sur les meilleures façons de réduire l’empreinte carbone d’Albion) de faire un point régulier sur l’état du front climatique.

 

C’est précisément ce qu’il vient de faire. En publiant, ce mardi 7 décembre, son rapport sur le 4 e budget Carbone britannique, le CCC fixe les grandes orientations pour les 20 prochaines années. L’objectif 2020 est d’ores et déjà fixé par le paquet Energie-climat européen, adopté en décembre 2007. Il prévoit grosso modo que les 27 réduisent de 20 % leurs rejets carbonés, notamment en portant à 20 % la production d’énergie finale par les énergies renouvelables et en accroissant de 20 % l’efficacité énergétique. Grâce à la récession, ces buts seront probablement atteints.

 

C’est après que cela se gâte, souligne le CCC. Car, pour tenir le but ultime du Facteur 4 en 2050, Londres devra, en 2030, avoir réduit de 60 % ses émissions de GES par rapport à 1990. En chiffres, c’est encore plus impressionnant. Dans 20 ans, donc, industriels, collectivités et sujets de sa Majesté ne devront pas émettre plus de 310 millions de tonnes équivalent CO2 par an : deux semaines d’émission chinoise de 2010.

 

Pas de rupture technologique à attendre pour parvenir à un tel niveau de décarbonisation : constructions biens isolées, développement des réseaux de chaleur urbains, électrification massive du parc automobile, utilisation croissante de bio-combustible dans l’industrie, captage et séquestration du CO2 dans les secteurs électrique et industriel, changement des pratiques culturales.

 

Le secteur de l’énergie, lui, devra en revanche faire une sacrée révolution. Compte tenu de son empreinte carbone et du nombre réduit d’installations, c’est lui qui devra faire le plus d’effort : -90 % d’émission de CO2. Le facteur carbone de l’électron britannique devra passer de 500 à50 grammesde CO2 au kilowattheure. Seules solutions : mettre rapidement en service 40.000 mégawatts de capacités de production zéro émission (nucléaire, renouvelable et centrale à gaz captant et stockant le CO2). Pour inciter les investisseurs à apporter les crédits nécessaires, Londres devra instaurer les conditions propices à l’établissement d’un prix du carbone d’au moins27 livres(32,04 euros)la tonne. Plusétonnant, le CCC recommande aussi la mise aux enchères de contrats à long terme d’électricité décarbonée. Selon les électriciens, le secteur devrait lever 200 milliards £ (237,33 milliards €) pour financer un tel programme.



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