Londres présente son projet de croissance verte

Le 13 octobre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Un budget est également prévu pour moderniser la flotte de bus anglais.
Un budget est également prévu pour moderniser la flotte de bus anglais.
DR

En soutenant la rénovation énergétique des logements, le véhicule électrique, l’efficacité énergétique de l’industriel, le Royaume-Uni s’engage résolument dans la voie du ‘low carbon’. Une opportunité pour l’environnement et pour l’économie, souligne le gouvernement de Theresa May.

 

Le Royaume-Uni prépare sa sortie de l’Union européenne. Mais pas forcément comme on pourrait le croire. Jeudi 12 octobre, le gouvernement de Theresa May a publié sa stratégie bas carbone. Objectif: mettre définitivement Albion sur la voie du Facteur 4, la division par 4 des émissions de gaz à effet de serre (GES) entre 1990 et 2050.

Tous les secteurs

L’ambition de la Clean Growth Strategy est de lancer la décarbonation de tous les secteurs de l’économie durant la prochaine décennie. Pour l’industrie lourde (20% des émissions), Londres va durcir les normes d’efficacité énergétique et relancer un programme de soutien au captage-stockage géologique de CO2 (CSC). Un fonds, doté de 100 millions de livres (111,9 euros) est prévu. Ce qui reste modeste au vu du coût d’une installation de CSC de taille industrielle (1 Md€, au bas mot).

Un million de logements rénovés par an

En élargissant le champ d’action de l’Energy Company Obligation, l’équivalent britannique de nos certificats d’économie d’énergie, l’administration May espère pouvoir réduire les consommations d’énergie (et donc les émissions carbonées) d’un million de logements par an. De quoi susciter 3,6 Md£ de travaux chaque année, affirme le gouvernement. Dans la même veine, 1,2 million de chaudières devront être modernisées ou changées tous les ans. Un autre fonds, riche de 4,5 Md£ cette fois, sera dédié au financement de chaudières à bois et de réseaux de chaleur. Pour accélérer la rénovation thermique des logements, le gouvernement réfléchit par ailleurs à une modulation des droits d’enregistrement des ventes de logements en fonction de leurs performances énergétiques.

Véhicules électriques

Comme sur cette rive-ci du Channel, la politique de transports propres passera essentiellement par la promotion du véhicule électrique. Après avoir interdit la commercialisation du véhicule thermique neuf en 2040, le royaume soutiendra, à hauteur de 1 Md£, l’acquisition de véhicules électriques ou hybrides. Les stations des autoroutes seront équipées de bornes de recharge.

A propos d’électricité, les dernières centrales au charbon éteindront définitivement leurs feux en 2025. En principe, l’année où le premier réacteur de la centrale nucléaire de Hinkley Point C, construite par EDF, injectera ses premiers mégawattheures (MWh) dans le réseau. En budgétant 557 M£, pour financer les prochains contrats pour différence des centrales renouvelables, Londres estime pouvoir susciter la constriction de 10 gigawatts (GW) de capacités éoliennes marines au cours de la prochaine décennie.

Inflation. La sortie de l’Union européenne du Royaume-Uni, en 2019, ne facilitera pas ses achats d’électricité et de gaz sur le continent. D’où une crainte d’inflation des prix de l’énergie, localement. Pour enrayer cette hausse annoncée, Londres a publié un projet de loi dont la finalité est de stabiliser les prix de l’électricité et du gaz pour certains types d’abonnement. La mesure, qui concerne environ 15 millions de ménages, pourrait entrer en vigueur dès 2018.

En prévision d’une possible sortie (Brexit oblige) des centrales thermiques du marché communautaire des quotas de GES (l’ETS), Londres prépare l’instauration d’un prix plancher du carbone. Le dispositif et le prix visé devraient être dévoilés à l’occasion de la publication du projet de budget 2018. Parallèlement, près d’1 Md£ seront débloquées pour financer la recherche, dans les domaines du stockage de l’électricité, de l’énergie nucléaire et des énergies renouvelables.

Confortant son objectif de planter 11 millions d’arbres (dont 3 millions autour de Manchester) durant la prochaine décennie, le gouvernement de Theresa May prévoit aussi de stocker du carbone par une plus grande utilisation du bois, notamment dans le secteur de la construction.

La décarbonation, souligne le gouvernement britannique, sera profitables en tous points. Le volume d’activité bas carbone devrait progresser de 11% par an entre 2015 et 2030. Albion espère pouvoir exporter de 60 à 170 Md£ de produits et de services verts chaque année.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus