Londres ne prend pas le bon chemin pour Paris

Le 26 novembre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le Royaume-Uni se prive d'une technologie de décarbonation prometteuse.
Le Royaume-Uni se prive d'une technologie de décarbonation prometteuse.
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Quand l'économie à courte vue prime sur le long terme.

Il est décidément bien loin le temps où le Premier ministre britannique, David Cameron, promettait de diriger le gouvernement le plus vert qu’Albion ait jamais connu. Hélas, les politiques environnementales (notamment) ne cessent de subir les coups de rabot budgétaire, outre-Manche. Dernier exemple en date: le captage-stockage géologique de CO2 (CSC).

Mercredi 25 novembre, l’administration Cameron a brusquement mis fin à son programme de soutien à cette technologie de décarbonation de grandes installations de combustion. Londres avait prévu un budget de 1 milliard de livres (1,4 milliard d’euros) pour cofinancer des opérations de démonstration.

2 projets tombent à l'eau

Deux opérations sont touchées de plein fouet. Shell et Scottish and Southern (SSE) avaient prévu d’équiper la centrale à gaz écossaise de Peterhead d’un système de captage et d’injecter le CO2 ainsi filtré dans un puits sous-marin d’hydrocarbure. Drax Power entendait doter d’un système de captage l’une des chaudières de sa méga centrale au charbon de Selby, la plus importante du pays (4.000 mégawatts). Cette expérimentation avait déjà du plomb dans l’aile. En septembre dernier, Drax Power avait annoncé son intention d’abandonner ce projet de White Rose, jetant son partenaire industriel Alstom dans la perplexité.

La décision du gouvernement britannique pose deux problèmes. A l’Europe, d’une part. Le projet initié par Drax Power avait été retenu pour bénéficier de subsides européennes (jusqu’à 300 M€), dans le cadre du programme Ner 300. Il faudra donc redistribuer cette manne.

budget carbone quinquennal

Plus inquiétant, le Royaume-Uni a beaucoup misé sur la séquestration géologique pour respecter ses budgets carbone quinquennaux, lesquels visent une réduction des trois quarts des émissions de GES entre 1990 et 2050. Tout naturellement, ceux-ci se durcissent à mesure que l’échéance se rapproche. Selon le comité sur le changement climatique, organisme consultatif du Parlement britannique, le Royaume doit réduire ses émissions de 57% entre 1990 et 2030, s’il veut atteindre le facteur 4 vers 2050. Ce ne sera pas facile sans CSC.



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