Londres menace le marché européen des quotas

Le 07 mars 2005 par Enerpresse
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Londres, une fois de plus, semble décider à aller jusqu'au bout de la partie de bras de fer climatique qu'elle a entamée avec Bruxelles.

Le gouvernement britannique est décidé à porter l'affaire devant la Cour européenne de justice ; tout comme la direction de l'Environnement. Le différend opposant les deux capitales remonte au mois de novembre. En plein automne, l'administration Blair avait décidé d'ajouter 19,8 millions de quotas à la première version de son plan d'allocation. Or, la Commission a toujours considéré comme illégal le fait de changer un Plan national d'allocation des quotas déjà approuvé. Pour ne rien arranger, la ministre britannique de l'Environnement, Margaret Beckett, a menacé, il y a quelques jours, de traîner Bruxelles devant la justice si l'exécutif européen refusait d'approuver son second Pnaq.

L'affaire est sérieuse. En effet, un procès européen durerait au moins deux ans. Or, vu le poids climatique du Royaume-Uni (qui pèse environ 13% des quotas), son absence dans le marché européen pourrait considérablement nuire à sa fluidité. La rébellion britannique pourrait aussi ouvrir la boîte de Pandore. Nombreux sont les Etats membres à vouloir allouer plus de quotas que ce qui a déjà été autorisé par la Commission. La Slovénie, la Pologne, la République Tchèque, et la Grèce ont ce secret espoir. Tout comme l'Allemagne, dont le Pnaq a été attaqué par près de 800 industriels. Sans oublier l'Italie qui a décidé, fin février, d'octroyer 40 millions de quotas supplémentaires à ses entreprises, sans attendre le verdict européen sur la première mouture de son Plan d'allocation.

En France, nous n'en sommes pas encore là. Mais les tentations existent. Mercredi, le PDG de Ciments Français (une entreprise adhérant pourtant à l'Association d'entreprises pour la réduction de l'effet de serre ou Aeres), a vivement critiqué l'impact du plafonnement des émissions de gaz à effet de serre sur l'industrie cimentière européenne, en prônant un changement des quotas de CO2. «On va tuer l'industrie cimentière européenne. S'il n'y a pas de changement, on court le risque très sérieux de désindustrialiser nos pays»,a ainsi déclaré Yves-René Nanot. Une crainte qui peut faire sourire si l'on se souvient que la première action de certains cimentiers européens ayant racheté des concurrents dans les pays de l'Est a été de faire passer leurs installations du gaz ... au charbon.




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