Londres lance l’abattage des blaireaux

Le 17 septembre 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le tiers des blaireaux britanniques pourraient être tirés.
Le tiers des blaireaux britanniques pourraient être tirés.

Après des mois de bataille juridique, les défenseurs du blaireau ont perdu. Dans les jours qui viennent, le gouvernement Cameron devrait autoriser l’abattage de dizaines de milliers d’individus pour lutter contre la prolifération de la tuberculose bovine (Tb).

Selon The Guardian, les chasseurs pourraient avoir l’autorisation d’abattre jusqu’à 100.000 spécimens, soit le tiers de la population britannique de ce grand mustélidé. La mesure, combattue depuis des années par des organisations britanniques de défense des animaux, mais aussi par les services vétérinaires, pourrait se révéler parfaitement inefficace.

Aucun scientifique ne conteste la sensibilité du blaireau au bacille de la tuberculose. Ils rappellent toutefois que le badger n’est pas le seul animal sauvage à être porteur de la maladie: les sangliers et les cervidés en souffrent aussi et peuvent la transmettre. Or aucune mesure d’éradication de ces «gibiers utiles» n’a été prise par le gouvernement conservateur.

Pire, l’abattage des blaireaux pourrait se révéler contre-productif. D’une part, en déstabilisant les populations de mustélidés, il facilite l’accès aux zones sensibles des individus itinérants, réputés plus agressifs et donc potentiellement plus dangereux pour les troupeaux. Par ailleurs, en se focalisant sur le «blaireau émissaire», les autorités oublient que les mauvaises pratiques d’éleveurs sont aussi l’une des causes identifiées de la résurgence de la Tb (absence de désinfection des étables et des bétaillères, baisse de la prophylaxie annuelle, dissimulation des bêtes potentiellement infectées).

La spécialiste des questions environnementales du parti travailliste, Mary Creagh, estime par ailleurs que les années de battues au blaireau coûteront plus cher au contribuable britannique que l’indemnisation des éleveurs. L’an passé, 26.000 bovins tuberculeux ont été euthanasiés.

Des militants pour le droit des animaux, très actifs et parfois violents, ont annoncé l’organisation de patrouilles, dans les zones fréquentées par les blaireaux, pour «dissuader» les chasseurs de tirer.

La tuberculose bovine est une maladie contagieuse, débilitante, de l'homme et de l'animal. Elle est causée par le bacille Mycobacterium bovis, proche cousin du bacille de Koch, la bactérie responsable de la tuberculose humaine. Les ganglions lymphatiques sont le siège primaire de l'infection, mais d'autres organes comme les poumons sont également atteints lorsque la maladie est à un stade avancé. Les signes cliniques de la maladie sont la faiblesse, la perte d'appétit, l'amaigrissement et la fièvre.

De nombreux pays développés en ont réduit l’incidence, comme la France, où subsistent toutefois des poches de résistance, en Dordogne, en Côte d’Or et en Bretagne.



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