Londres: la zone à faibles émissions sans efficacité sanitaire

Le 15 novembre 2018 par Romain Loury
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La ZFE de Londres
La ZFE de Londres

Mise en place en 2008, la zone à faibles émissions de la capitale du Royaume-Uni a certes eu un effet (modeste) sur la pollution de l’air, mais n’a montré aucune efficacité d’un point de vue sanitaire, révèle une étude publiée mercredi 14 novembre dans la revue Lancet Public Health. Une incitation à frapper encore plus fort contre la circulation urbaine.

Mise en place en février 2008, la zone à faibles émissions (ZFE) londonienne, pionnière mondiale, demeure la plus grande au monde, avec 8,5 millions de personnes concernées. Epargnant les voitures et deux-roues, elle oblige camions, bus, véhicules de livraison, minibus et ambulances à se conformer à des normes d’émissions, sous la menace de lourdes amendes.

La ZFE serait-elle restée au milieu du gué, en excluant d’emblée les véhicules légers? Une étude publiée mercredi 14 novembre révèle son absence d’efficacité d’un point de vue sanitaire, à savoir sur la fonction respiratoire d’enfants âgés de 8 à 9 ans.

Léger mieux sur les NOx

L’équipe de Chris Griffiths, de la Queen Mary University de Londres, a analysé 2.164 enfants, comparant les périodes 2008-09 (début de la ZFE) et 2013-14. Les résultats montrent une baisse modeste de la teneur atmosphérique en oxydes d’azote (NO2 et NOx), de 1 microgramme par mètre cube (µg/m3) par an, mais aucun effet sur celle en particules fines (PM2,5, PM10).

A la fin de la période étudiée, seuls 34% des enfants respiraient un air dont la teneur annuelle moyenne en NO2 était inférieure à la valeur seuil de l’OMS, de 40 µg/m3 d’air, contre 99% lors de l’instauration de la ZFE.

La ZFE n’a pas suffi

Malgré ce léger assainissement de l’air, la ZFE n’a pas entraîné d’amélioration de la fonction respiratoire chez les enfants, qu’elle soit mesurée par le volume expiratoire forcé durant la première seconde (VEF1) ou la capacité vitale forcée (CVF, qui correspond au volume pulmonaire total, moins le volume résiduel après expiration).

Selon les chercheurs, ces résultats montrent qu’il faut aller plus loin qu’une simple ZFE pour obtenir des bénéfices sanitaires dans la population. Ce qui, selon eux, conforte le projet de zones à très faibles émissions, qui sera lancé en avril 2019 dans le centre de Londres. A la différence de l’actuelle ZFE, il s’appliquera aussi aux véhicules légers.

En France, le projet de loi sur les nouvelles mobilités permettra la mise en place de ZFE dans les villes concernées par des dépassements réguliers des normes de qualité de l’air. Une mesure déjà dépassée?



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