Londres autorise l’abattage de milliers de blaireaux

Le 16 décembre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Par la voix de sa ministre de l’environnement, Caroline Spelman, l’administration Cameron a autorisé le 14 décembre l’abattage de milliers de blaireaux sauvages, à partir de 2012. Munis d’une autorisation officielle, les chasseurs pourront détruire tous les blaireaux situés dans un rayon de 2 kilomètres autour d’une étable.
 
Londres reproche au grand mustélidé d’être le principal vecteur de la tuberculose bovine (Tb), une maladie en pleine expansion outre-Manche. De quelques foyers isolés dans les années 1980, la maladie est devenue largement présente dans l’ouest et le sud-ouest de l’Angleterre, ainsi qu’au Pays de Galles, affirme le ministère de l’environnement, de l’alimentation et des affaires rurales britannique (Defra).
 
Pour autant, le nombre de cas reste relativement stable depuis 2003, fluctuant entre 7 et 10% du bétail anglais installé dans les régions exposées. En valeurs absolues, l’évolution de nouveaux cas est plus significative: environ 3.500 bovins ont été déclarés infectés l’an passé, contre un millier en 1997. En 2010, rappelle le Defra, près de 25.000 bêtes ont été abattues pour réduire les risques de contamination au sein du troupeau et de transmission à l’homme.
 
Très critiquée par les associations de défense de la faune sauvage [JDLE], la décision de Caroline Spelman l’est aussi par les vétérinaires. Aucun scientifique ne conteste la sensibilité du blaireau au bacille de la tuberculose. Ils rappellent toutefois que le badger n’est pas le seul animal sauvage à être porteur de la maladie: les sangliers et les cervidés en souffrent aussi et peuvent la transmettre. Or aucune mesure d’éradication de ce «gibier utile» n’a été prise par le gouvernement conservateur.
 
Pire, l’abattage des blaireaux pourrait se révéler contre-productif. D’une part, en déstabilisant les populations de mustélidés, il facilite l’accès aux zones sensibles des individus itinérants, réputés plus agressifs et donc potentiellement plus dangereux pour les troupeaux.
 
Par ailleurs, en se focalisant sur le «blaireau émissaire», les autorités oublient que les mauvaises pratiques d’éleveurs sont aussi l’une des causes identifiées de la résurgence de la Tb (absence de désinfection des étables et des bétaillères, baisse de la prophylaxie annuelle, dissimulation des bêtes potentiellement infectées).
 
La tuberculose bovine est une maladie contagieuse, débilitante, de l'homme et de l'animal. Elle est causée par le bacille Mycobacterium bovis, proche cousin du bacille de Koch, la bactérie responsable de la tuberculose humaine. Les ganglions lymphatiques sont le siège primaire de l'infection, mais d'autres organes comme les poumons sont également atteints lorsque la maladie est à un stade avancé. Les signes cliniques de la maladie sont la faiblesse, la perte d'appétit, l'amaigrissement et la fièvre.
 
La Tb est présente partout dans le monde. Mais elle est plus répandue dans la majeure partie de l’Afrique et certaines régions d’Asie et du continent américain.
 
De nombreux pays développés en ont réduit l’incidence, comme la France, où subsistent toutefois des poches de résistance, en Dordogne, en Côte d’Or et en Bretagne.


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