Londres arrête l’inutile massacre des blaireaux

Le 02 décembre 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Accrocher la pierre à sel peut réduire les risques de transmission de la bTB.
Accrocher la pierre à sel peut réduire les risques de transmission de la bTB.
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C’est finalement terminé. Trois mois après avoir autorisé des sociétés spécialisées à éliminer les blaireaux des comtés du Somerset et de Gloucester, le gouvernement britannique a mis fin, aujourd’hui 2 décembre, à cette inutile tuerie.

Officiellement, le but était de tester des méthodes «sûres, efficaces et humaines», dixit le secrétaire à l’environnement Owen Paterson, pour tuer un maximum de mustélidés. Comme d’autres animaux sauvages hantant la campagne anglaise, le badger est potentiellement porteur de Mycobacterium bovis (M. bovis), l’agent de la tuberculose bovine (bTB). «Cette épidémie a déjà nécessité l’abattage de 305.000 bovins, ces 10 dernières années», s’est justifié Owen Paterson dans un communiqué.

Problème: les chasseurs n’ont pas atteint les objectifs qui leur avaient été assignés. Dans les deux régions tests, les populations de blaireaux ont été réduites de moitié, malgré un allongement de la période de chasse. Le gouvernement tablait sur un prélèvement d’au moins 70%.

Blaireaux, sangliers, cerfs

Cet échec pourrait en masquer un autre. Les vétérinaires ont toujours rappelé que l’une des conséquences de la chasse serait de perturber grandement le comportement des blaireaux. Ce faisant, les quadrupèdes noirs et blancs risquent de se trouver plus fréquemment en présence de bovins, concourant ainsi à accélérer la propagation des mycobactéries. Par ailleurs, d’autres animaux sauvages, comme le sanglier ou les grands ongulés, peuvent aussi transmettre la bTB au bétail.

En attendant de possibles solutions vaccinales (en cours d’expérimentation), des gestes simples doivent être effectués par les éleveurs pour réduire les risques de contamination: protection des points d’eau des bovins, chaulage des pâtures (pour désinfecter le sol), compostage des fumiers, accrochage des compléments alimentaire (pierre à sel). Des pratiques rarement mises en œuvre par les éleveurs britanniques, soulignait un rapport de l’inspection vétérinaire européenne.

Enfin, comme le rappelle un récent article du Bulletin épidémiologique santé animale-alimentation, la tuberculose bovine reste une maladie mal connue. «Le rôle joué par l’environnement extérieur dans le cycle épidémiologique de la tuberculose souffre encore de nombreuses incertitudes ou d’un déficit de connaissances qu’il convient de combler rapidement afin de mettre en place des mesures de lutte adaptées», confirment Aurélie Courcoul, Jacquemine Vialard et François Moutu, de l’Agence nationale [française] de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses).

 



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