London 2012: des jeux pas si verts que ça

Le 20 juillet 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Pour les constructions, les organisateurs sont parvenus à éviter l'émission de 30.000 téq.CO2.
Pour les constructions, les organisateurs sont parvenus à éviter l'émission de 30.000 téq.CO2.

Médaille d’or pour la gestion des déchets de chantier, les JO de Londres sont en queue de peloton pour la production d’énergie verte et la consommation durable.

Depuis Sydney, en 2000, les organisateurs d’olympiades se font une obligation d’organiser les jeux les plus «verts» possibles. Dans la cité australienne, justement, le SuperDome avait été équipé d’une immense centrale photovoltaïque. Le village des athlètes était constitué de maisons basse consommation. Certains systèmes de réfrigération n’utilisaient pas de HFC.

Le cahier des charges des Jeux, olympiques et para-olympiques de Londres, se voulait exemplaire. Bâti par le comité organisateur, mais en collaboration avec le WWF et BioRegional, il fixait 76 objectifs: zéro émission de CO2, pas de production de déchets, l’emploi de matériaux et de denrées alimentaires locaux, une gestion de l’eau durable. Entre autres.

«En travaillant avec des parties prenantes au JO aussi diverses que des urbanistes, des grandes entreprises, des collectivités locales et des responsables sportifs, sans oublier les légions de supporters, il y avait de réelles opportunités de verdir les modes de consommation», estiment Sue Riddlestone et David Nussbaum.

Dans le premier bilan écologique des Jeux qu’ils publient aujourd’hui 20 juillet, les patrons de BioRegional et du WWF britannique se montrent assez critique vis-à-vis des performances environnementales de London 2012. La promesse d’une quinzaine «Zéro Carbone» ne sera ainsi pas tenue. Ce qui n’empêche pas, soulignent les deux ONG, les organisateurs d’avoir obtenu des résultats non négligeables. En suivant de près le travail des architectes et en centralisant l’achat de béton, l’émission de 30.000 tonnes d’équivalent CO2 a été évitée, soit 24% du bilan carbone de la construction. La gestion des déchets de construction vaut une médaille d’or à ses concepteurs. Plus de 98% des déchets de démolition et de chantier ont été réutilisés, contre 90% initialement prévus.

Côté énergie, il y a encore loin de la coupe aux lèvres. Le programme initial prévoyait notamment que 20% de l’énergie consommée par les olympiades soit renouvelable et produite sur les sites. Hélas, plutôt que de la biomasse, c’est du gaz que va consommer le réseau de climatisation. Une éolienne devrait être érigée au cœur du site. Las, l’évolution de la réglementation sanitaire et environnementale a signé l’arrêt de mort du projet. Au total, seuls 9% de l’énergie consommée seront verts.

L’évolution de la consommation ne sera pas au rendez-vous. Les spectateurs continueront toujours de se voir proposer des tombereaux de gadgets et autres produits dérivés. «Les relations entre les organisateurs des Jeux, les sponsors commerciaux et les fournisseurs n’ont pas permis de créer un changement durable», regrettent les deux auteurs du rapport.

Interrogé par nos confrères du Guardian, le responsable du développement durable pour les Jeux se défend. «Nous avons gardé l’esprit et parfois la lettre des promesses qui ont été faites. Et nous laisserons un héritable positif sur le plan environnemental», affirme David Stubbs.

Ce qu’oublie de dire ce responsable, c’est que la capitale britannique n’a pas fait le moindre effort pour assainir la qualité de son air. En 2010, la capitale britannique avait échappé in extremis à une amende européenne de 300 millions de livres (385,34 millions d'euros) pour pollution excessive de l’air par les particules fines. Chaque année, rappellent les services de la ville de Londres, 4.300 personnes décèdent prématurément des suites d’une longue exposition aux PM 2,5.



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