Logistique: quand le dernier kilomètre redessine la ville

Le 11 juin 2018 par Marine Jobert
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Le terminal ferroviaire urbain de La Chapelle.
Le terminal ferroviaire urbain de La Chapelle.

A l’instar de zones commerciales ou de bureaux, des aires dédiées à la logistique urbaine vont-elles éclore dans les centres-villes? L’Etat veut imposer la logistique dans les documents d’urbanisme et doper le fret ferroviaire jusqu’aux portes des villes.

400 mètres de long, un terminal ferroviaire de 15.200 m2 pour accueillir deux navettes par jour capables d’emporter jusqu’à 60 caisses de fret chargées chacune de 15 palettes, soit l’équivalent d’un camion de 19 tonnes… Si le terminal ferroviaire urbain Chapelle International inauguré ce 8 juin ne suffira pas à absorber les quelque 200 Mt de marchandises transportées chaque année en Ile-de-France -dont 90% par la route-, il est la première traduction immobilière d’importance de la prise de conscience des enjeux de la logistique urbaine. Car le transport de marchandises en milieu urbain représenterait 15% des déplacements des véhicules et 25% de l'occupation de la voirie, selon une étude de l'Observatoire régional de l'immobilier d'entreprise en Ile-de-France (Orie). C’est aussi «un secteur essentiel de notre économie», a souligné Elisabeth Borne lors de l’inauguration du complexe de La Chapelle. Un secteur qui représente 10% du PIB national et 1,8 million d’emplois à l’échelle du pays. «De sa performance, de son agilité, de sa capacité à se saisir des transitions écologique et numérique dépend la vitalité de nos entreprises et l’attractivité de notre territoire», a estimé la ministre des transports.

Dès les documents d’urbanisme

A défaut de pouvoir encore les présenter en Conseil des ministres, Elisabeth Borne a effeuillé quelques-unes des mesures relatives à la logistique urbaine, qui intègreront le très attendu projet de loi d’orientation des mobilités. A commencer par l’obligation qui va être faite d’intégrer la logistique aux documents de planification, notamment d’urbanisme, afin d’«avoir une vision globale et cohérente de la mobilité intégrant les personnes et les marchandises». L’accent va être mis sur un meilleur accès à l’information des conditions de livraison, avec la création d’une plateforme numérique nationale unique, qui centralisera l’ensemble des règles de circulation, issues notamment des arrêtés de circulation. «En rendant cette information digitale, la pertinence des calculateurs d’itinéraires en temps réel pourra être améliorée, ce qui répond à l’intérêt partagé des professionnels, des collectivités territoriales et des habitants», espère le ministère.

Qui pour construire un deuxième centre de logistique ferroviaire à Bercy-Charenton (XIIe)? La ville de Paris s’apprête à dévoiler le nom du groupement qui investira les terrains au bord des voies de la gare de Lyon.

Charte de la logistique durable

L’Etat entend soutenir l’installation de terminaux multimodaux en zone urbaine, là où «les contraintes sont plus fortes et les conditions d’exploitation plus coûteuses». Il sera laissé aux collectivités territoriales la possibilité d’adapter la fiscalité locale applicable aux nouveaux terminaux ferroviaires, à l’issue d’un travail en cours, en lien avec le ministère de l’action et des comptes publics. Enfin, une charte sur la logistique durable en ville devrait voir le jour, à l’instar d’expérimentations menées dans 5 collectivités[1]. Au menu: des outils méthodologiques, des bonnes pratiques, voire un accompagnement pour la mise en œuvre d’actions d’économie d’énergie dans le secteur de la livraison de marchandises.

 

Révision des péages du fret

Et parce qu’«il n’y a pas de logistique durable sans fret ferroviaire performant», la ministre a également annoncé plusieurs mesures du plan de relance du fret ferroviaire. Avec le maintien d’une aide au transport combiné pour une nouvelle période de 5 ans (à hauteur de 27 millions d’euros par an), le soutien à la remise en état des lignes dites ‘capillaires fret’ (10 M€/an) et des voies de service nécessaires à l’organisation des plans de transport des entreprises ferroviaires (20 M€/an sur trois ans) et la remise à plat des trajectoires des péages à la charge du fret ferroviaire «pour préserver la compétitivité du secteur». L’Etat a annoncé qu’il prendrait à sa charge l’écart financier qui en résultera.

 



[1] Montpellier, Lille, Dieppe, communautés d’agglomération de Grasse et de Cannes

 



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