Logement: moins-disant environnemental ou accélérateur de transition?

Le 12 septembre 2017 par Marine Jobert
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La norme RT2020 est encore en test.
La norme RT2020 est encore en test.

Emmanuel Macron veut doper la construction, en rognant notamment sur certaines normes environnementales. Une stratégie socialement désastreuse, rappelle le Cler.

Annoncé au début de l’été, un plan Logement devrait être présenté en conseil des ministres ce 13 septembre par Jacques Mézard, ministre de la cohésion des territoires. Si le flou subsiste quant à nombre d’orientations du texte, les déclarations d’Emmanuel Macron donnent une tendance. A Toulouse, le 11 septembre, le président de la République a annoncé la mise en œuvre de «tout un travail de diminution de la réglementation, (...) y compris sur des normes qui relèvent de très bons sentiments, qu’elles soient environnementales, sociales, très sociales». Des normes trop contraignantes dans les zones tendues, ce qui appellerait «la mise en place d'un vrai choc d'offres qui ira encore plus loin que la politique nationale». Objectif: libérer du foncier public et privé, réduire les exigences des normes et les délais de recours «parce que ça coûte très cher à tous les projets, ça les ralentit [alors qu’il faut] pouvoir là produire massivement en quelques années».

Foncier trop cher

Grosse fatigue du côté du Cler[1], lassé de ces attaques en règle contre les normes dites environnementales. «La lourdeur administrative n’a pas été inventée avec la prise en compte de l’environnement, soupire Benoît Hartmann, le directeur général du Cler. Trop souvent, simplification rime avec dérégulation. L’absence de normes sur les performances énergétiques dans le bâtiment, ça a débouché sur la construction de passoires thermiques, par exemple. Et construire bien dès le début coûte moins cher que refaire des travaux ensuite.» Au lieu de cela, il faudrait effectivement s’attaquer au foncier trop cher, «faire de la ville partout où ça n’est pas tout à fait de la ville, dans les lisières ou près des habitats morcelés qui ne sont pas attractifs».

Simplifications bienvenues

Réviser des normes dans le bâtiment, pas question? Si, «mais à condition qu’on s’attaque à la méthode, pas à l’objectif», martèle Benoit Hartmann. Raboter l’exigence des 50 kilowattheures par an et par mètre carré, non; mais proposer, pour atteindre cet objectif, d’en passer par d’autres normalisations, «pourquoi pas». Le Cler a même des propositions à faire. Comme la refonte du moteur de calcul développé par le CSTB[2] pour la réalisation d’une étude thermique réglementaire RT 2012. «Il est d’une complexité inouïe et mériterait d’être simplifié», suggère Joël Vormus, directeur adjoint du Cler.

RT 2020 en ligne de mire?

Sur la table également, les enjeux posés par l’expérimentation de la RT 2020, qui ajoute aux exigences thermiques et d’isolation la production d’énergie et l’empreinte environnementale du foyer. «Sans tomber dans la paranoïa, on se doute bien que, derrière ces discours sur la simplification, des secteurs comme l’artisanat ou les promoteurs aimeraient bien amoindrir cette RT 2020 avant son entrée en vigueur [dès 2018 pour les bâtiments publics] Et de conclure que, si baisser les ambitions en matière environnementale dans le bâtiment diminue la facture pour le promoteur, «ce sont toujours les habitants qui en paient le prix via leurs factures énergétiques».

 



[1] Le Cler, réseau pour la transition énergétique, est une association agréée de protection de l’environnement créée en 1984, qui fédère près de 300 structures professionnelles et collectivités locales réparties sur l’ensemble du territoire.

[2] Centre scientifique et technique du bâtiment

 



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