Lobbying: Volswagen et Shell veulent flinguer la voiture électrique

Le 02 mai 2016 par Marine Jobert
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La voiture électrique n'a pas que des amis.
La voiture électrique n'a pas que des amis.
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La voiture électrique, pire cauchemar des pétroliers, des producteurs de biocarburants et des constructeurs de moteurs à énergie fossile? Sans nul doute, à lire le rapport commandé par les entreprises du secteur, alors que se joue la décarbonation du transport post-2020.

Les voitures électriques sont à la mode et les dénigrer frontalement ne serait pas du meilleur effet. Surtout quand on est englué dans un scandale sur le truquage des émissions de ses propres diesel –Volkswagen- ou quand on lorgne le sous-sol de l’Arctique –Shell- pour y arrimer quelques plates-formes offshore. Les deux compères viennent de publier –avec d’autres[1]- une étude qui entend mener une «évaluation indépendante des carburants et des technologies de voitures», dans le contexte bien particulier où «la décarbonation et la réglementation du secteur des transports routiers de l’Union après 2020 n’est pas encore définie».

 

Sans surprise, cette étude vante les mérites d’un usage accru des biocarburants, de l’étiquetage CO2 des voitures et promeut le marché de quotas d’émission européen de gaz à effet de serre (ETS). De quoi tuer, sur le papier, toute ambition règlementaire pour les 10 prochaines années, à l’heure où l’Union européenne met la dernière main à de nouveaux objectifs de réduction pour 2025 et 2030.

 

«Rien dans ce rapport ne peut être interprété comme cherchant à bloquer les véhicules électriques», assure un porte-parole de Shell, cité par The Guardian. Mais Volkswagen ne jure que par l’hybride à énergie fossile. «Les moteurs modernes fonctionnant au diesel et au gaz naturel seront indispensables pour remplir les objectifs en CO2 d’ici 2020 et contribueront à des réductions supplémentaires», a déclaré Ulrich Eichborn, le nouveau chef du département Recherche & développement de Volkswagen.

 

Est-ce le chant du cygne pour les pétroliers, les constructeurs de moteurs du XXe siècle et les fabricants de biocarburants? «[Ils] font une tentative désespérée pour dissuader l’Europe d’adopter des standards d’efficacité pour les voitures, les camionnettes et les camions, ce qui constituerait une aide pour les véhicules électriques et pour toute une série de mesures dont le secteur des transports a méchamment besoin», estime Carlos Calvo Ambel, de ‘Transport and Environment’. En tenant compte de l’usage de fertilisants et de la mécanisation agricole, l’association avait récemment analysé le vrai coût carbone des biocarburants de première génération après avoir passé au crible une étude publiée par la Commission européenne. Elle avait estimé que les biocarburants émettent, dans leur ensemble, 81% plus de GES que les fossiles: +203% pour l’huile de palme, +113% pour le soja, +18% pour le colza et +4% pour le tournesol.

 

 

 



[1] BMW, Daimler, Honda, NEOT/St1, Neste, OMV et Toyota.

 



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