Lobbying pour l’isolation

Le 24 mars 2005 par Ludivine Hamy
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laine de verre2
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La directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments doit être transposée par les Etats membres avant le mois de janvier 2006. Dans cette perspective, l'association européenne Eurima lance une campagne en faveur de l'isolation des bâtiments.

Selon Horst Biedermann, directeur général d'Eurima (European insulation manufacturers association), la politique européenne en matière d'énergie repose actuellement sur trois piliers: la sécurité de l'approvisionnement énergétique, la réduction des émissions de CO2 dans le cadre du protocole de Kyoto et les objectifs fixés par la stratégie de Lisbonne. Partant de ce postulat, les industriels européens de l'isolation ont décidé de lancer une campagne de lobbying auprès du Parlement et de la Commission afin d'adopter des mesures concrètes en faveur de l'isolation des bâtiments.

Eurima propose ainsi que l'Union adopte un objectif ambitieux de 20% de réduction d'énergie utilisée pour le chauffage dans les bâtiments d'ici 2020. Sachant que 40% de la consommation énergétique a lieu dans les bâtiments, l'effet de levier serait considérable. Pour parvenir à un tel résultat, il faudrait étendre le champ de la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments (2002/91/CE) aux bâtiments de moins de 1.000 m2. Avec ce nouveau scénario, les investissements annuels de l'industrie du bâtiment s'élèveraient à 25 milliards d'euros par an à partir de 2006, contre 10 milliards d'euros dans le cas d'une application stricte de la directive actuelle. Eurima souligne que les coûts d'isolation représenteraient de 1 à 3% des coûts de construction. L'association suggère la mise en place d'incitations fiscales pour tout projet visant à améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments, ainsi qu'une TVA réduite, voire nulle, sur les produits énergétiquement efficaces. Enfin, les industriels invitent les autorités communautaires à fournir un effort d'information sur la rentabilité de l'efficacité énergétique et à promouvoir un échange de bonnes pratiques entre Etats membres.

Pour étayer son discours, Eurima dispose des résultats d'une étude fournie par le cabinet de conseil Ecofys, qui met en évidence les avantages économiques et environnementaux d'une démarche plus affirmée en matière d'isolation. Les exigences d'Eurima permettraient ainsi d'économiser 7,5 milliards d'euros par an d'ici 2010. De même, ces mesures déboucheraient sur la création de 300.000 emplois et sur une économie de 400 millions de tonnes de CO2 chaque année.

«Les plus grands besoins en termes d'isolation se font sentir dans des pays comme la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne ou dans les pays du Sud (Italie, Grèce, Espagne, Portugal) dont les réglementations thermiques sont souvent anciennes et obsolètes» souligne Horst Biedermann. «En outre, dans les pays chauds, l'utilisation croissante de l'air conditionné augmente les besoins énergétiques et justifie encore plus une meilleure isolation.» Dans sa démarche, Eurima dispose, d'ores et déjà, d'une oreille attentive du Parlement européen et de la Commission. Autant d'atouts qui pourraient faire évoluer rapidement la législation. «Il faudra certainement prévoir des mesures d'aides supplémentaires, via les fonds structurels, pour les nouveaux Etats membres qui ne sont pas encore en mesure de transposer la directive», explique le directeur général d'Eurima. Et de rajouter: «Mais ceci ne devrait pas empêcher la réglementation d'évoluer dans le bon sens.»

 




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