Littoral: les invertébrés perturbés par l’éclairage nocturne

Le 29 avril 2015 par Romain Loury
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Plumularia setacea préfère le noir
Plumularia setacea préfère le noir
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Sur le littoral, l’éclairage nocturne pourrait altérer la composition des communautés d’invertébrés marins, en favorisant certaines espèces, révèle une étude britannique publiée dans les Biology Letters.

Continent antarctique exclu, on estime que 22% des côtes mondiales sont éclairées la nuit, par la présence de villes, de ports, de bateaux, de pêcheries ou d’usines. Largement méconnue, cette pollution constitue un danger pour la faune littorale: plusieurs études ont suggéré que l’éclairage nocturne perturbait l’activité des oiseaux, des poissons et des tortues marines.

La situation pourrait s’aggraver avec la lumière blanche, vouée à remplacer les lampes à sodium en raison de son spectre lumineux plus large. Dans une étude menée dans le détroit de Menai, qui sépare l’île d’Anglesey du Pays de Galles, l’équipe de Stuart Jenkins, océanologue à l’université de Bangor, montre en effet que la lumière blanche a un impact important sur la composition des colonies d’invertébrés. En cause, le fait que les larves sont guidées par la lumière, qui les fait fuir ou les attirent selon l’espèce.

Les chercheurs ont immergé à 20 centimètres de profondeur 36 panneaux carrés de 10 cm de côté, illuminant certains (19 lux ou 30 lux), laissant les autres dans l’obscurité. Douze semaines plus tard, l’analyse des colonies d’invertébrés, mobiles ou sessiles, révélait des différences notables parmi les 13 taxons (espèces ou genres) présents en quantités suffisantes pour être analysés, parmi les 47 identifiés.

39% des espèces réagissent

Parmi ces 13 taxons, 5 étaient sensibles à la présence de la lumière. Du côté des espèces immobiles, l’ascidie Botrylloides leachii et l’hydrozoaire Plumularia setacea la fuyaient, tandis qu’elle attirait le ver polychète Spirobranchus lamarckii. Quant aux espèces mobiles, les chercheurs ont noté une présence accrue du crustacé Metis ignea et des amphipodes du genre Corophium.

Avec 39% des espèces analysables influencées par la présence de lumière, la perturbation de ces écosystèmes complexes pourrait être très importante, jugent les chercheurs. Sur l’environnement, mais aussi, juste retour à l’envoyeur, sur les infrastructures côtières, fréquemment encrassées par certaines espèces.

Pour Tom Davies, co-auteur de l’étude, «il s’agit de mener rapidement d’autres recherches afin d’évaluer quel niveau de lumière peut être considéré comme sans danger, de manière à légiférer sur le niveau maximal de pollution lumineuse pour les aménagements côtiers, présents et à venir».



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