Lithium: l’autre argument de la géothermie profonde

Le 15 octobre 2019
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La France pourrait produire son lithium en se chauffant à la géothermie profonde.
La France pourrait produire son lithium en se chauffant à la géothermie profonde.
Electricité de Strasbourg

 

Le développement de la géothermie électrique permettrait de produire du lithium : le métal clé pour le développement de la voiture électrique.

 

C’est peu de dire que les partisans des énergies renouvelables se lamentent de l’absence de stratégie nationale. Légalement, a rappelé, ce mardi 15 octobre, le syndicat des énergies renouvelables, la programmation pluriannuelle de l’énergie (période 2019-2028) doit être publiée d’ici la fin de l’année.

Mais ce calendrier pourrait heurter celui de la convention citoyenne pour le climat. Les 150 Français tirés au sort ont jusqu’au mois de février pour proposer des mesures efficaces et acceptables pour lutter contre le réchauffement. Comment sortir de ce casse-tête administrativo-politique ? «On ne sait pas», résume Jean-Louis Bal, président du SER.

les énergies oubliées

En attendant, le principal lobby des énergies vertes milite pour un renforcement des objectifs, notamment en faveur de l’éolien marin, une amélioration des systèmes d’aides existants, en faveur de la chaleur renouvelable notamment et un soutien plus appuyé envers les petits projets photovoltaïques.

Jean-Louis Bal a aussi plaidé en faveur des sources d’énergies oubliés: hydrolien, cogénération bois, mais aussi géothermie électrique. Avec dans ce dernier cas, un argument inattendu: une possible exploitation du lithium: le minerai préféré des fabricants de batteries de voitures électriques.

Certaines eaux chaudes, exploitables pour produire de l’énergie (comme en Alsace ou dans le bassin Parisien) sont chargées de minéraux. Puisée à 3500 mètres de profondeur, l’eau de la centrale de Soultz-sous-forêts affiche une concentration de 200 mg./l de chlorure de lithium.

15.000 tonnes de lithium par an

«Avec de telles concentrations, on pourrait produire jusqu’à 15.000 tonnes de lithium par an», s’enthousiasme Alexandre Roesch, délégué général du SER. De quoi satisfaire les besoins nationaux. Certes, mais à condition de déployer une dizaine de centrales comparables à celle exploitée par Electricité de Strasbourg (ES). Nous n’en sommes pas encore là.

En revanche, des industriels s’intéressent à ce nouveau gisement. A la fin de l’année passée, Fonroche Géothermie a déposé une demande de permis de recherche minier pour rechercher du lithium profond dans le sous-sol de la plaine du Rhin.

En partenariat avec l’IFPEN, BASF, ES, Eramet mène un projet de recherches sur l’exploitation du précieux métal dans les eaux géothermales. Baptisé EuGeLi (pour European geothermal brines lithium), ce projet vise notamment à la mise au point de systèmes complexes de filtration de l’eau.



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