Lion d’Afrique: ce virus qui rôde

Le 28 janvier 2015 par Romain Loury
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Le CDV, une menace persistante
Le CDV, une menace persistante
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En Tanzanie, le virus de la maladie de Carré ne se restreint plus au chien, et pourrait s’être durablement implanté chez les carnivores sauvages, révèle une étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences. Or il a entraîné en 1994 la mort de 30% des lions du parc national Serengeti.

Responsable de la maladie de Carré chez le chien, le Canine Distemper Virus (CDV) entraîne des problèmes respiratoires, suivis de fatigue, de perte d’appétit et de vomissements. Assez peu mortelle pour le meilleur ami de l’homme, elle peut être redoutable chez d’autres espèces. D’autant que le virus peut en infecter de nombreuses: canidés (loup, renard, etc.), mustélidés (blaireaux, furets, etc.), et même félidés.

C’est ainsi qu’en 1994 le CDV a entraîné la mort d’un millier de lions du parc Serengeti en Tanzanie, soit 30% de ses effectifs. Si la population a rapidement récupéré depuis, l’épisode a donné lieu à une campagne de vaccination des chiens aux alentours de ce parc national.

Or ceci n’aurait peut-être pas servi à grand-chose, comme le révèle l’équipe de Tiziana Lembo, à l’université de Glasgow, au terme d’une étude portant sur le sérum de 6.866 chiens domestiques et 535 lions, prélevés de 1984 à 2012. Analysant la présence d’anticorps anti-CDV, les chercheurs mettent en évidence un changement inquiétant au milieu des années 1990.

De nouveaux réservoirs?

Jusqu’à cette époque, la circulation du virus dans la population animale connaissait d’abord un pic chez le chien, puis chez le lion, confortant le rôle de réservoir joué par le chien vis-à-vis de la maladie. Les choses ont changé par la suite, avec une perte de synchronisation: les chiens connaissent un pic en moyenne tous les 6 ans, alors que les lions en enregistrent un, plus petit, tous les 2 ans.

Selon les chercheurs, il est donc possible que le virus se soit ancré dans la faune sauvage. Pas tant chez les lions, dont les effectifs sont trop réduits pour permettre une circulation continue du virus, que chez d’autres carnivores, dont la hyène, le chacal et la mangouste.  Autre indice: la vaccination massive des chiens contre le CDV, lancée en 1996, n’a eu aucun effet sur le lion, qui a continué à enregistrer de petits pics de présence virale.

Risque émergent pour la faune sauvage

«Les épidémies chez les lions et chez d’autres animaux menacés d’extinction pourraient survenir à n’importe quel moment», juge la Washington State University, impliquée dans ces travaux. Et le fait que le virus ne circule plus exclusivement dans la faune domestique la rendra plus difficile à enrayer.

Au-delà des lions africains, les phoques de la mer du Nord ont connu des épidémies similaires en 1988, puis en 2002, en raison du virus PDV (Phocine Distemper Virus), qui a évolué à partir du CDV. En tout, 51% de la population aurait été décimée. Et selon de récentes observations, le CDV menacerait aussi le tigre de Sibérie (voir le JDLE).



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