Linky: un nouveau compteur à peine plus émissif que l’ancien, selon l’ANFR

Le 01 juin 2016 par Marine Jobert
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Un compteur Linky et une sonde enregistreuse.
Un compteur Linky et une sonde enregistreuse.
DR

L’Agence nationale des fréquences (ANFR) a mesuré, en laboratoire, les niveaux de champs électromagnétiques créés par le nouveau compteur d’électricité Linky quand il communique par le réseau électrique. Une première, qui conclut que les niveaux relevés sont faibles et bien en-deçà des niveaux réglementaires.

Quels sont les niveaux de champs électromagnétiques créés par Linky en fonctionnement? L’ANFR a fait réaliser par son laboratoire une campagne de mesures. Il s’agit de la première[1] expertise scientifique officielle sur ces nouveaux compteurs, qui sera la bienvenue alors que des dizaines de maires[2] ont pris des arrêtés hostiles au «compteur intelligent» et que, jusqu’à présent, Enedis (ex-ERDF) détenait le monopole de l’information.

Les concentrateurs gèrent des grappes de compteurs allant de quelques unités en milieu rural à quelques centaines en milieu urbain. La taille moyenne d’une grappe est de 50 compteurs. Le concentrateur interroge successivement tous ses compteurs, qui répondent en transmettant les index stockés, ainsi qu’un registre donnant l’état de fonctionnement du compteur. Outre cette collecte quotidienne, le concentrateur interroge successivement l’ensemble des compteurs de la grappe à intervalle régulier (pouvant aller de toutes les minutes ou toutes les 10 minutes selon la configuration du réseau) afin de surveiller l’état général du réseau basse tension et détecter rapidement d’éventuelles pannes.

Mesures à 20 cm

Faute de réglementation explicite, une distance de 20 centimètres a été retenue entre l’appareil et la sonde. Les mesures ont été réalisées sur les deux générations actuelles de compteurs[3] (G1 et G3) et dans trois situations: en laboratoire, sur les compteurs lors de la collecte des index ou sur les ERL associés aux compteurs; in situ, sur les compteurs à proximité des appareils et dans les lieux de vie; in situ, sur les concentrateurs (voir encadré). Conclusions: à proximité immédiate du compteur, les niveaux de champs électromagnétiques sont substantiellement plus faibles que les valeurs-limites réglementaires. Ils décroissent très rapidement avec la distance.

Champs presque inchangés

Hors transmission, les niveaux de champs électriques relevés sont de l’ordre de 1 volt par mètre à 20 cm du compteur, «un niveau comparable à celui d’un compteur électrique classique». Lorsque le compteur communique en CPL, l’exposition augmente, de l’ordre de 0,1 V/m. «La valeur-limite réglementaire (87 V/m dans cette gamme de fréquences) est donc respectée», en conclut l’ANFR. Les niveaux de champs magnétiques mesurés en émission CPL sont de 8.10-3 μT[4]: «Ce niveau apparaît 700 fois plus faible que la valeur-limite de 6,25 μT». L’ANFR conclut que «la transmission CPL n’accroît pas significativement le niveau de champ électromagnétique ambiant».

Télé-relève

Ce travail de synthèse a aussi le mérite de dire ce qu’est la technologie sur laquelle repose Linky. En quoi consiste exactement ce système de «télé-relève»? A mesurer, en permanence, la quantité d’énergie électrique consommée par le client et à stocker cette valeur. Une fois par jour (en l’occurrence, pendant la nuit) un dispositif de stockage -le concentrateur- interroge, «selon les informations communiquées par ERDF», le compteur par CPL pour collecter les informations. Il transmet ensuite les données collectées à un serveur informatique, via un réseau existant de téléphonie mobile.

Quelle valeur de champs électromagnétiques et électriques crachent un compteur électrique d’ancienne génération, une lampe fluo compacte, l’alimentation d’un ordinateur portable, un écran plat, un écran cathodique de télévision, une plaque de cuisson à induction ou votre perceuse sans fil? L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a testé! Rien d’exceptionnel. Comparé à Linky, les niveaux de champs magnétiques sont légèrement supérieurs à ceux des anciens compteurs et quasi identiques pour le champ électrique. Se méfier toutefois de la plaque induction, la plus féroce en V/m.

Rayonnements non intentionnels

C’est le réseau électrique qui est mis à contribution pour transmettre les informations. La technologie CPL «consiste à coupler un signal haute fréquence (HF) au signal 50 Hz du réseau électrique. Le signal HF peut ainsi se propager sur l'installation électrique et être reçu par tout récepteur CPL connecté à ce même réseau.» L’ANFR le précise: le signal utile n’est pas diffusé par rayonnement mais par conduction, via le réseau électrique. Les installations CPL ne sont donc pas des réseaux radioélectriques, conclut-elle. «Toutefois, la modulation du courant dans les câbles électriques produit des ondes rayonnées. Ces rayonnements non intentionnels sont réglementés de façon à ne pas perturber outre mesure leur environnement électromagnétique: ces compteurs sont donc conçus pour respecter les normes de compatibilité électromagnétique. Ils doivent également respecter les valeurs-limites d’exposition du public aux ondes électromagnétiques.»

Campagnes à domicile

L’ANSR a prévu de procéder à d’autres campagnes de mesure chez des particuliers (avant et après installation du compteur Linky). Des compteurs qui sont, au passage, souvent installés à l’extérieur du logement. Les futurs équipements radio Linky (ELR), ainsi que les niveaux de champs électromagnétiques créés par les concentrateurs situés dans les transformateurs de quartier, feront aussi l’objet de mesure.

 


[1] L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) et l’Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) doivent également publier une expertise sur la question.

[2] 173, selon Stéphane Lhomme, conseiller municipal de Saint-Macaire. Il recense les municipalités qui ont pris un arrêté interdisant l’installation du compteur sur la commune.

[3] Mais non équipés d’émetteurs radio –dits ERL-, qui sont des modules optionnels, destinés à être installés par le client, pour transmettre en temps réel les données du compteur Linky vers les appareils situés à l’intérieur du domicile. Ces ERL seront associés aux offres de services proposés aux clients.

[4] Unité de mesure: le micro Tesla

 



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