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Liens entre concentration d'ozone et mortalité

Le 18 novembre 2004 par Claire Avignon
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Une étude américaine de l'Université de Yale financée par l'Agence de protection de l'environnement (EPA) montre un lien entre les concentrations d'ozone et l'augmentation de la mortalité. Les chercheurs espèrent que leurs résultats entraîneront un durcissement de la législation américaine.

L'ozone (O3), en ville, acroit le taux de mortalité dans une zone géographique qui regroupe 40% de la population américaine. C'est le principal résultat de l'étude "Ozone et mortalité à court terme dans 95 villes entre 1987 et 2000" menée par Michelle Bell et publiée dans le Journal de l'association médicale américaine (Jama).

Ce type d'étude avait déjà été conduite aux Etats-Unis et dans de nombreux autres pays. En France, par exemple, un programme de surveillance air et santé (PSAS-9) lancé par l'Institut national de veille sanitaire (INVS) porte sur l'effet sur la santé humaine des principaux polluants (ozone, dioxyde de soufre, particules, dioxyde d'azote) dans neuf villes. Seulement, les statistiques n'avaient jamais pris en compte une population aussi importante ni une période aussi longue.

Les scientifiques américains ont mis en relation les concentrations d'ozone et le taux de mortalité la semaine suivante. Les calculs montrent qu'une augmentation de 10 parties par milliard (ppb) de la concentration d'ozone élève le risque de décès de 0,52%. La mortalité due aux problèmes cardiovasculaires et respiratoires s'avère la plus importante avec un accroissement du risque de 0,64%. En effet, l'ozone, molécule extrêmement oxydante, entraîne une inflammation des voies respiratoires. Les principaux effets sanitaires sont alors une diminution de la capacité respiratoire, une augmentation des crises d'asthme et de la toux sèche.

Financée par l'EPA, l'étude pourrait avoir un impact sur les limitations des taux d'ozone aux Etats-Unis. Actuellement, la concentration d'ozone dans la troposphère ne doit pas dépasser 120 ppb pendant plus d'une heure et 80 ppb pendant plus de huit heures, selon les standards nationaux de la qualité de l'air ambiant (NAAQS). Au-delà, les taux sont considérés comme dangereux pour la santé humaine et l'environnement. En France, le seuil d'information a été placé à 90 ppb, et le seuil d'alerte à 120 ppb pendant trois heures. Mais toutes les recherches actuelles s'accordent pour démontrer que l'ozone a des effets sans seuil.

En outre, les effets à long terme de l'ozone n'a pas encore été réellement évalué et les chercheurs considèrent qu'ils sous-évaluent probablement le lien entre la mortalité et l'ozone. «On a des dizaines d'études sur le court terme, confirme Laurence Pascal, chercheuse à l'INVS. Mais on n'a pas encore mesuré l'impact à long terme qui prendrait en compte l'effet cumulatif. Ca demande beaucoup de temps et de moyens.»




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