Lien entre cancer de la vessie et exposition à l’eau chlorée

Le 29 janvier 2007 par Agnès Ginestet
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Une étude espagnole met en évidence une augmentation de risque de cancer de la vessie associée à une exposition à de l’eau désinfectée.

Boire de l'eau chlorée, se laver avec ou nager dans une piscine qui en contient pourrait entraîner un risque accru de cancer de la vessie. L'étude a été menée par l'équipe de Cristina M. Villanueva (1) de l'Institut municipal de la recherche médicale à Barcelone. Des données ont été collectées en Espagne entre 1998 et 2001 auprès de 1.219 sujets ayant développé un cancer de la vessie et 1.271 cas contrôles, sur les habitudes de consommation et de contact avec l'eau.

Le chlore, ajouté à l'eau, peut générer des sous-produits comme les trihalométhanes (THM). Ces substances sont susceptibles de pénétrer dans l'organisme par inhalation ou à travers la peau, ce qui, selon l'étude, peut entraîner une augmentation directe de leur concentration dans des organes cibles tels que les reins, la vessie ou le côlon, évitant ainsi le mécanisme de détoxification réalisé habituellement par le foie.

Les chercheurs ont observé que le risque de développer un cancer de la vessie est deux fois plus important pour les personnes exposées à une teneur en THM supérieure à 49 microgrammes par litre (µg/l), comparées aux personnes exposées à une teneur inférieure ou égale à 8 µg/l. Or, un taux de 50 µg/l est «communément retrouvé dans les sociétés industrielles», est-il indiqué dans l'article.

De plus, l'étude montre que les sujets consommant de l'eau dont les concentrations en THM sont supérieures à 35µg/l ont un risque 35% supérieur de développer un cancer de la vessie par rapport à ceux qui ne consomment pas d'eau chlorée.

L'usage d'une piscine a de son côté été associé à un risque 57% supérieur. Enfin, la durée d'une douche ou d'un bain n'a pas été reliée à une augmentation de risque de cancer de la vessie. Toutefois, les hommes et les femmes qui prennent une douche ou un bain avec un taux de THM élevé ont un risque deux fois plus important de cancer que les personnes qui se baignent dans une eau beaucoup moins contaminée par les THM.

Selon les auteurs, ces observations, comparables aux résultats d'articles nord-américains, peuvent avoir des conséquences importantes en santé publique, en matière de prévention de l'exposition aux contaminants de l'eau. En France, l'incidence du cancer de la vessie est estimée à environ 10.000 nouveaux cas par an (2), dont la moitié est imputée au tabac.



(1) Bladder cancer and exposure to water disinfection by-products through ingestion, bathing, showering, and swimming in pool, Cristina M. Villanueva et al., American journal of epidemiology, janvier 2007

(2) Chiffre de l'Institut de veille sanitaire (InVS) pour l'année 2000





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